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Un
complot international contre Bahar Kimyongür
(1)
Peut-on encore parler
de démocratie en Belgique quand
nos élites collaborent avec un
pays où règne le terrorisme
d'Etat ?
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La
une du quotidien La Libre Belgique
du 19/09/2006
Lundi
18/09, plusieurs quotidiens francophones
ont apporté les dernières
preuves démontrant que l'État
belge a tenté de livrer Bahar
Kimyongur à la Turquie (2).
Différents services de l'État
se sont réunis secrètement
la nuit du 26 avril dernier pour mettre
au point ce complot.
Bahar
est ce citoyen belge qui dénonce
depuis plus de dix ans la torture subie
par les prisonniers politiques en Turquie.
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Itinéraire
d'un procureur hors-la-loi

Laurette
Onkelinx en trois dates...
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Un
seul pas suffirait pour arrêter
le compteur macabre !
Bahar Kimyongür lance un appel
urgent à la constitution
d'une délégation internationale
en Turquie en vue de sauver la vie
de l'avocat des droits de l'Homme
Behiç Asçi [Lire]
Dogan
Özgüden (Info-Turk) :
«Laffaire Kimyongür
? Une honte pour la Belgique !»
[Lire]
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S'il
avait été extradé vers
ce pays, il risquait 15 ans de prison voire
la torture. Les rapports entre la Belgique
et la Turquie s'apparentent, en fait, à
un complot international dont Bahar Kimyongur
est la victime.
Mais ce complot a d'autres ramifications.
Le juge qui a condamné Bahar Kimyongür
à quatre ans d'emprisonnement en
Belgique, le 28 février à
Bruges, est la même personne qui avait
refusé, lorsqu'elle était
responsable du "Comité P",
de divulguer un rapport mettant en évidence
les accords secrets conclus entre les polices
belge et turque visant à ficher la
population d'origine turque en Belgique.
Ce juge avait été spécialement
transféré pour diriger le
procès intenté contre Bahar
et ses co-inculpés.
Par ailleurs, Madame Laurette Onkelinx -sous
la responsabilité de laquelle s'est
tenue la réunion secrète où
fut conçu et préparé
le "Midnight Express
pour Bahar"- se présente
au élections communales à
Schaerbeek en très mauvaise compagnie
: des hommes de la mouvance des "loups
gris" -l'extrême droite turque.
Mais
la ministre de la justice ne veut pas
assumer
ses actes et a nié et continue à
nier –à la Chambre, au Sénat,
devant la presse– l'existence du complot.
Or, comme le dit le président de
la Chambre : "Un ministre qui ment,
est (un ministre) mort" (3).
Elle ferait bien de s'inspirer de l'exemple
d'intégrité d'un autre ministre
de la justice, pourtant libéral,
qui, lui, mit ses actes en concordance
avec
ses principes, au risque de sa vie, tout
au long de sa carrière politique
et jusqu'au jour de sa mort à Buchenwald
en 1944 : Paul-Émile Janson.
Pour
sa part, la police belge est restée
en contact avec ses homologues
turcs jusqu'à l'arrestation de Bahar
Kimyongür aux Pays-Bas. Bahar a été
vendu par notre police à la Turquie
pour se racheter de la disparition d'Erdal
! Aujourd'hui, ceci est plus évident
que jamais !
Vous
avez dit jugement équitable
? Comment,
si le procureur dans le procès de
Bahar Kimyongür, Monsieur Johan Delmulle,
a participé également à
la réunion secrète au centre
de crise du Ministère de l'Intérieur ?
Mais, les agissements de Monsieur Delmulle
dans cette affaire ne se sont pas limités
à cela. Tout au long de ce procès
–tant en première instance, à
Bruges, comme en appel, à Gand–
il n'a cessé d'adopter une attitude
sensiblement partisane, voire politique.
Il a même fait une lecture de certaines
lois appliquées, contraire à
l'esprit et à la lettre des textes
adoptés par le législateur.
Cette attitude a une explication historique.
En effet, le texte initial de l'actuelle
loi sur les organisations criminelles,
d'application
dans ce procès, avait été
déposé en 1998 par le Ministre
de la justice de l'époque, Monsieur
Stefaan De Clerck, et avait été
rédigé par plusieurs membres
de son cabinet, dont Monsieur... Johan
Delmulle. Le projet indiquait, dans
l'exposé des motifs de la loi,
un double objectif pour celle-ci :
d'une part,
la lutte contre la maffia traditionnelle
et, d'autre part, la lutte contre... le
"radicalisme". Heureusement,
il ne serait pas suivi sur ce point par
le législateur, mais cela n'a pas
empêché Monsieur Delmulle
de continuer à faire –à Bruges
et Gand– cette lecture-là de
la loi.Les
autorités politiques,
judiciaires, policières belges
se sont concertées pour livrer
un de leurs ressortissants à un
pays qui pratique la torture. C'est
un fait d'une
extrême gravité. Nous voulons
connaître, les citoyens ont besoin
de connaître toute la vérité
dans cette "affaire d'État",
et ceux qui ont participé à
cet acte délictueux devront subir
toute la rigueur de la loi.Peut-on
encore parler de démocratie en
Belgique quand notre pays use d'une
loi qui permet
de condamner quelqu'un qui n'a commis aucun
délit ?
En effet, la législation antiterroriste
belge viole -comme cela a été
signalé par d'éminents juristes-
un des principes essentiels du droit : le
principe de légalité.
Contradictions ? Monsieur Johan
Delmulle représente l'État
belge dans le procès belge contre
Bahar ; en première instance,
la justice belge laisse ce dernier
en liberté,
il a ainsi droit à interjeter appel,
mais le procureur –et les autres comploteurs–
s'arrange pour le faire arrêter aux
Pays-Bas en vue son extradition vers la
Turquie, avant même qu'il n'ait eu
droit à sa première audience
en appel. Le procureur ne respecte même
pas les lois du pays qu'il représente.
En fait, le procès
intenté contre
Bahar Kimyongür et dix
autres prévenus présumés
membres du DHKC est un procès
politique. Bahar Kimyongür est
devenu ainsi le symbole des dangers
que la dite "guerre
contre le terrorisme" fait peser
sur les libertés fondamentales,
et en particulier celles d'expression
et d'association,
de tous les citoyens belges. En effet,
il est poursuivi pour avoir traduit,
commenté
et diffusé un communiqué du
DHKC et pour avoir collaboré au
bureau d'information de cette organisation à
Bruxelles –une institution parfaitement
légale ayant toujours respecté
le cadre légal belge. C'est pour
cela que le procureur –et d'autres hautes
autorités de l'État– le
poursuit l'accusant d'être le «chef
d'une organisation "terroriste"». Mais,
c'est la condamnation en première
instance à Bruges
qui a donné le feu
vert
à la Turquie pour lancer un mandat
d'arrêt international contre Bahar
Kimyongür. Dans ces circonstances,
peut-on encore prétendre que
ce jugement reste valable juridiquement
quand on sait
aujourd'hui -en plus de ce que l'on savait
déjà concernant les irrégularités
de ce procès- que le procureur
en personne a participé à un
complot international contre l'un
des accusés
?
Un tribunal d'exception
La thèse avancée
par les avocats de la défense lors
de la première audience du procès
en appel à Gand recouvre ainsi toute
sa pertinence et toute son actualité :
Ce procès (en appel) découle
d'une sentence, en première instance,
d'un tribunal d'exception. En première
instance, le tribunal de Bruges n'était
pas une Chambre correctionnelle normale.
Elle s'est de la sorte transformée
en tribunal d'exception par la nomination
illégale à sa tête du
juge Freddy Troch, spécialement désigné
pour rendre un jugement "arrangé".
«Dans ces conditions, le premier jugement
doit être frappé de nullité»,
avait demandé la défense.
Pour toutes
ces raisons, le Clea
entend mobiliser les citoyens belges
dans le cadre d'un grand rassemblement lors
du verdict du procès en appel
de Bahar Kimyongür le 7 novembre prochain
à Gand, sous ces trois mots d'ordre
:
- Acquittement
pour Bahar !
- Non aux législations antiterroristes
qui menacent nos libertés !
- Halte aux procès politiques !
Notes :
(1)
Lire : Marc Metdepenningen, «Un
fiasco à la sauce Erdal», Le
Soir 20-06-06, p. 4. Petite chronologie
: Le 28 février 2006, Bahar Kimyongur
est condamné en première instance
à quatre ans de prison en Belgique
dans le cadre du procès intenté
contre plusieurs membres présumés
du DHKC, un parti communiste turc. Le Clea
a toujours dénoncé un procès
politique : en effet, en vertu de la nouvelle
législation antiterroriste belge
Bahar, qui n'a commis aucun délit
mais a fait usage de ses libertés
d'expression et d'association, est condamné
pour appartenance à une organisation
"terroriste". Il est pourtant
laissé en liberté par le tribunal
jusqu'au procès en appel. Le 28 avril,
il est arrêté aux Pays-Bas
en vertu d'un mandat d'arrêt international
délivré contre lui par la
Turquie. Mais la Belgique participe activement
à l'arrestation de Bahar par la police
néerlandaise. C'est précisément
cette "livraison" illégale
qui fait actuellement débat dans
la presse et dans le monde politique. Le
4 juillet, la justice néerlandaise
refuse de l'extrader vers la Turquie et
le libère en expliquant que les faits
reprochés à Bahar Kimyongür
par la Turquie ne sont pas de caractère
terroriste mais relèvent des libertés
fondamentales garanties par la Constitution
des Pays-Bas. Dès sa libération,
Bahar Kimyongür intente un procès
contre l'État belge. C'est le 11
septembre -étrange date-, qu' débuté
à Gand le procès en appel
de Bahar Kimyongür en Belgique. Le
verdict est attendu pour le 7 novembre prochain.
Le procureur Delmulle a demandé au
moins cinq années de prison pour
Bahar dans notre pays.
(2)
Dès le 29 avril, soit le lendemain
de l'arrestation de Bahar aux Pays- Bas,
le Clea avait appris l'existence de la réunion
secrète dont fait état la
presse. Dès cet instant, nous avions
dénoncé le rôle trouble
de la Belgique dans cette affaire. Dès
le 4 juillet, nous avions diffusé,
avec le sénateur Josy Dubié,
les premières preuves du contact
entre les Pays-Bas et Belgique au sujet
de cette information -ce document du procureur
des Pays-Bas est disponible sur ce site-.
Mais jusqu'à présent, en dépit
de preuves irréfutables, le gouvernement
belge, Madame L. Onkelinx en particulier,
avaient toujours refusé d'admettre
la vérité.
(3)
Bouillon P. «Dire la vérité
ou se taire, c'est la seule alternative»,
Le Soir, 20-09-2006, p. 5.
[ consultez aussi notre
page : Communiqués
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Actualité de
Huxley
«(...) au moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation
mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques
– élections,
parlements, hautes cours de justice–
demeureront mais la substance sous-jacente
sera une nouvelle forme de totalitarisme
non violent. Toutes les appellations
traditionnelles, tous les slogans
consacrés resteront exactement
ce qu'ils étaient aux bon
vieux temps. La démocratie
et la liberté seront les thèmes
de toutes les émissions (...)
et de tous les éditoriaux
mais (...) l'oligarchie au pouvoir
et son élite hautement qualifiée
de soldats, de policiers, de fabricants
de pensée, de manipulateurs
mentaux mènera tout et tout
le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes |
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