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Un seul pas suffirait pour arrêter le compteur macabre !
Avant son incarcération, Bahar Kimyongür avait lancé un appel urgent à la constitution d'une délégation internationale en Turquie en vue de sauver la vie de l'avocat des droits de l'Homme Behiç Asçi, en grève de la faim depuis plusieurs mois en protestation pour les conditions de détention de ses clients. Il fut écouté mais Maître Asçi se débat encore entre la vie et la mort. Faisons du geste généreux de Bahar une victoire : Soutenons sa campagne ! [Lire]

 


Procès du DHKC en Belgique :
Quand une certaine presse joue sciemment le jeu attendu par une nomenklatura prête à violer la loi
A travers un article d'opinion déguisé en article d'information, un journaliste d'un grand quotidien francophone –fermant les yeux sur le fait qu'on vient de découvrir que des hauts dignitaires de l'État ont violé la loi en vue de "vendre" un compatriote à la Turquie, pays pratiquant la torture– se sert de la technique de la rumeur et de l'amalgame pour suggérer aux juges de la Cour de Gand le verdict qu'ils devraient prononcer le 7 novembre dans le procès contre le DHKC et le citoyen concerné par le marchandage susmentionné.

Sous le titre : "Pas d'angélisme : c'est un groupe criminel et terroriste" (1), le journaliste Roland Planchar du quotidien La Libre Belgique (20/ 09/2006) envoie aux juges de la Cour de Gand, un message sans ambiguïté pour le 7 novembre à Gand : "Il faut admettre que l'angélisme qui consisterait à exonérer le DHKP-C de son caractère criminel et terroriste serait tout à fait déplacé." Pour ce faire, il se livre à la pratique de l'amalgame, de la diffusion de rumeurs fumeuses, de la mise en rapport d'énoncés disparates à propos de pseudo-faits nullement liés entre eux, voire de mensonges et de calomnies.

 


Belga

L'article de Roland Planchar
(La Libre Belgique - 20/09/2006)
«Pas d'angélisme : c'est un groupe criminel et terroriste»
[Lire]

Par ailleurs, de quel droit M. Planchar déguise-t-il un article d'opinion en article d'information et le place-t-il ailleurs que dans la section "Agora" de son journal ? Nous sommes de toute évidence en présence d'une tentative évidente de tromperie des lecteurs...


PASSONS EN REVUE QUELQUES-UNES DES ACCUSATIONS LES PLUS GROSSIÈRES DE M. PLANCHAR :

"(Le DHKP-C) s'en prend volontiers à des symboles de l'État turc et tue parfois dans les bus stambouliotes."

M. Planchar ferait bien d'investiguer un peu, de lire tout simplement la presse, y compris turque, avant d'avancer des affirmations susceptibles de compromettre des personnes innocentes. Il aurait appris ainsi que le seul exemple que l'on pourrait retenir à l'appui de son accusation n'est même pas un attentat mais une explosion accidentelle dans un autobus. Cela s'est passé le 24 juin 2004. Il aurait donc dû dire : "(il) est arrivé une fois qu'une explosion accidentelle ait tué dans un bus stambouliote". M. Planchar aurait appris aussi que le mouvement qu'il hait tant s'était alors excusé auprès des familles des victimes (communiqué n° 335) et que même le chef de la police et le gouverneur d'Istanbul Muammer Güler avaient déclaré que la cible n'était pas l'autobus. Le DHKP-C étant avant tout une organisation politique, et seulement secondairement une organisation armée, il se caractérise par un choix de cible méticuleux. Cette qualité lui est même reconnue par ses ennemis (2).

"En 2001, on passe aux attentats-suicides, avec par exemple trois morts le 10 septembre à Istanbul, l'attentat étant revendiqué... au départ de Bruxelles !"

C'est là une accusation extrêmement grave ! Quel est l'attentat revendiqué au départ de Bruxelles ? L'accident pour lequel le DHKP-C présenta ses excuses, et que le bureau d'information bruxellois du DHKC traduisit et diffusa à Bruxelles ? Traduire et diffuser une présentation d'excuses pour un accident et revendiquer un attentat sont tout de même deux choses diamétralement opposées ? Question : pourquoi le procureur Delmulle, qui hait le DHKC au point d'aller jusqu'à agir en marge de la loi dans le but de le criminaliser, ne s'est-t-il pas emparé de ce "fait" afin d'alourdir son réquisitoire ? Tout simplement parce qu'il n'y a jamais eu d'attentat revendiqué au départ de Bruxelles. Le bureau d'information du DHKC n'est pas un QG militaire comme veulent le faire croire l'État turc et M. Planchar ! Ce bureau ne fait que recevoir l'information tant en provenance du DHKP-C que, d'ailleurs, d'organes de la presse nationale et internationale.

Comment expliquer cette volonté de travestir à tout prix la réalité, sans s'interroger sur la présence presque certaine de fortes pressions ? De l'État turc ?, du procureur Delmulle, d'autres hauts dignitaires belges ayant participé au complot destiné à permettre qu'un de nos compatriotes soit livré à ses futurs tortionnaires ? Ou, traîner le DHKC dans la boue est-il devenu une cause personnelle pour M. Planchar ?

"Son financement ? (...) On évoquait, en marge de l'accusation, "des procédés couramment employés par des organisations terroristes moyen-orientales", à savoir le racket, le hold-up et le trafic de stupéfiants."

Un peu d'investigation s'il vous plaît ! En réalité, jamais un seul militant du DHKP-C n'a été arrêté pour trafic de stupéfiants ou hold-up. Le trafic de drogue est au contraire durement combattu par le mouvement (3). D'autre part, les statuts du DHKP-C interdisent formellement à leurs militants de recourir à des "actions d'expropriation". Ainsi, pas un seul fait pareil n'a été signalé depuis 1994, date de la fondation du DHKP-C (à l'époque de Devrimci Sol, il arrivait que des banques soient attaquées). Comment, sans une dose non négligeable de mauvaise foi, un journaliste peut-il se permettre de tirer une conclusion d'une allure aussi univoque au départ d'un contexte qui ne devrait permettre, tout au plus, que des questions et des présomptions ?

"La famille d'Ozdemir Sabanci, l'un des industriels turcs les plus importants, accuse (...) Fehriye Erdal, d'être complice d'un triple assassinat commis le 9 janvier 1996 à Istanbul. M. Sabanci avait été abattu en même temps que Haluk Gorgün et Nilgün (...) Si Erdal nie (contre l'évidence des caméras), la Turquie et la famille Sabanci ont tout fait pour obtenir son extradition."

Le poids de l'accusation de M. Planchar contre le DHKC (4) repose ici sur quelques mots qui sembleraient ne mériter pas plus que d'être entre parenthèses : "contre l'évidence des caméras". C'est sur cela qu'il veut bien évidemment insister... Les autorités turques prétendent que Fehriye Erdal se trouvait dans le bâtiment au moment de l'attentat, ce qu'elle nie. Le régime turc sort alors "la preuve" : un enregistrement vidéo. Mais, la date et l'heure qui apparaissent dans les images des caméras de surveillance des tours Sabanci peuvent, comme on le sait, aisément, avoir été trafiquées. Fehriye Erdal, jeune étudiante, âgée à l'époque de 19 ans, travaillait en effet dans les tours Sabanci. Elle était connue par la police turque comme sympathisante du DHKP-C pour avoir été arrêtée le 8 mars 1995, en marge de la journée mondiale de la femme, après un collage d'affiches dans le campus de son université. Quelques minutes après l'attentat qui a visé le milliardaire Sabanci, les écrans de télévision avaient immédiatement affiché son portrait en tant que suspecte n° 1. Pourtant, Fehriye Erdal n'était pas sur les lieux au moment des faits. Face aux cris de vengeance retransmis à la télévision et qui la visaient personnellement, Fehriye Erdal a naturellement décidé de se cacher (5). Mais pourquoi se cacher si l'on est innocent ? Parce les faits se passent en Turquie. En effet, peut-on faire confiance au régime turc ?, surtout quand on connaît les "preuves" que prétend apporter un tel régime –dont le caractère non démocratique ne semble pas poser problème à M. Planchar– en dehors de toute contextualisation historique ? (6)

"D'autant que, à Bruges, le parquet avait révélé que le DHKP-C avait monté un camp de "formation" à Stavelot et qu'il avait subi des plaintes pour extorsion."

Nous sommes en présence ici des seules accusations de M. Planchar, avec celle concernant le trafic de drogue, que le procureur Delmulle a jugé lui aussi utile de retenir dans le procès.

La défense s'est déjà chargée de répondre à la question relative à ce "camp de formation" lors du procès en appel à Gand. Il s'agissait en fait, comme Bahar Kimyongür l'a expliqué dans sa plaidoirie du 19 septembre à Gand (7) d'un camp familial de vacances. Notons au passage que, malgré qu'il ne dispose d'aucun élément matériel pouvant prouver son accusation, M. Planchar met insidieusement le mot "formation" entre guillemets dans le but évident de suggérer qu'un autre type d'activité se cachait derrière ce terme.

Quant aux allégations d'extorsion reprises par notre journaliste, elles sont également de la pure invention du procureur dont on connaît les méthodes. Par ailleurs, pour les avancer, Monsieur Delmulle "s'appuie" sur... des lettres anonymes. Des procédés utilisés habituellement par les dictatures pour "écarter" (avec guillemets à la Planchar) leurs opposants.

Et Monsieur Planchar de terminer son torchon par une conclusion sans appel :

"Si l'on sait de surcroît que la Sûreté de l'État avait déjà noté divers méfaits (comme des cocktails Molotov contre les bureaux bruxellois des "Turkish Airlines", en 1992), il faut admettre que l'angélisme qui consisterait à exonérer le DHKP-C de son caractère criminel et terroriste serait tout à fait déplacé."

Observons tout d'abord la construction discursive de M. Planchar : "la Sûreté de l'État avait déjà noté divers méfaits". Il omet d'ajouter : "Plus ou moins… un". Par ailleurs, le jet de cocktail Molotov en question date de... juillet 1991 ! Le DHKP-C n'existait même pas ! Ceci, Monsieur Planchar aurait pu le savoir si seulement s'était donné la peine de consulter le dossier judiciaire du procès en première instance à Bruges (il se trouve même sur internet !) C'est la seule action forte attribuée à... Devrimci Sol, l'une des organisations ayant donné naissance au DHKP-C, il est vrai. Les faits datant d'il y a plus de 15 ans, il est pour du moins exagéré, voire abusif, de prétendre impliquer des membres du DHKC en Belgique en remettant sur le tapis un acte isolé, qui n'a visé qu'un bâtiment vide, provoquant des dégâts matériels ont été quasi inexistants, et réalisé par des personnes d'une autre organisation (que les actuels membres de DHKC n'ont sans doute même pas connu).

Mouvement dur ?
M. Planchar qualifie le DHKC de "mouvement dur". Mais s'il s'était donné la peine d'investiguer tant soit peu avant d'étaler ses accusations, il aurait appris que le DHKC est essentiellement un mouvement social et populaire et non une organisation principalement militaire. Car, effectivement, vu de l'unique angle militaire, toutes les branches armées de n'importe quel mouvement apparaîtront comme "dures". Monsieur Planchar aurait appris aussi que les actions militaires du DHKC sont très sporadiques, tandis que sa lutte démocratique est quotidienne et permanente. Et il aurait appris de plus que le DHKP-C n'a jamais exporté son conflit en dehors des frontières de la Turquie...

IGNORANCE OU MAUVAISE FOI ? UNE RHÉTORIQUE QUI DÉMONTRE EN TOUT CAS UNE PARTIALITÉ ÉVIDENTE

Attardons-nous maintenant aux procédés rhétoriques de M. Planchar qui montrent que la juxtaposition d'"énoncés discursifs" (il ne s'agit même pas de faits), les amalgames auxquels il se livre ne sont qu'une façon de manipuler ses lecteurs et, pourquoi pas, les juges de Gand...

«Son financement ? Dans un procès ouvert contre 24 membres du DHKP-C en février 2000 à Paris (...), on évoquait, en marge de l'accusation, "des procédés couramment employés par des organisations terroristes moyen-orientales"», écrit M. Planchar.

"On" (sujet : inconnu, désignant qui ? : le gouvernement turc...?, des "Loups gris" ?), "évoquait" (verbe : exécutant une action incertaine), "en marge de l'accusation" (lieu : à statut douteux)... Ce "On", évoquait "quoi" ? : "des procédés couramment employés par des organisations terroristes moyens-orientales", à savoir le racket, le hold-up et le trafic de stupéfiants." Sujet flou, mais prédicatpéremptoire ! Voilà le type de glissements de sens sur lesquels repose le texte de M. Planchar.

Soulignons le fait que ce mystérieux "sujet" d'un "prédicat" seulement "évoqué" et fondé donc sur du vent ne prouvait, même dans le produit fébrile de la plume de M. Planchar, rien du tout, il ne se limitait qu'à "évoquer", insinuer quelque chose. De plus, ce sujet de paille le faisait, comme M. Planchar le reconnaît lui-même –obligé, lui aussi, tout comme Johan Delmulle, à une certaine retenue– "en marge de l'accusation". Pourquoi pas "dans" l'accusation ? S'est-il demandé M. Planchar que si ces accusations avaient eu un minimum de fondement, le procureur français –comme Johan Delmulle en Belgique– ne se serait pas emparé de celles-ci afin d'alourdir le cas des accusés ?

Revenons au "prédicat" de la phrase : celui-ci dénote une attitude davantage malveillante de la part de notre "journaliste" : "Monsieur", ou "l'institution", ou "l'État" = "On", évoquaient-ils quoi en fait ? : "Des procédés couramment employés par des organisations terroristes moyen-orientales". Dit ainsi, cela paraît très grave.

Résumons : "Son financement ? = Dans un procès ouvert" (...) "à Paris" (...) "on évoquait", "en marge de l'accusation", "des procédés couramment employés par des organisations terroristes moyens-orientales". Que veut induire M. Planchar chez ses lecteurs avec de tels "libertés" rhétoriques ? La conclusion, bien évidemment, que le DHKC est financé par des islamistes moyens-orientaux et suivant leurs mêmes méthodes... Al-Qaeda? Ben Laden? Comment le lecteur échapperait-il à la quasi obligation de conclure qu'il serait en présence d'«un groupe criminel et terroriste», comme M. Planchar l'affirme dès le titre de son pamphlet ?

Quand on sait que depuis le 11 septembre 2001 il suffit tout simplement d'insinuer, même de très loin, un lien quelconque avec cette autre construction fumeuse des fabricants de la peur permanente qu'est Al-Qaeda pour devenir définitivement un proscrit, un paria, l'exercice discursif auquel se livre M. Planchar confine à l'assassinat social, au meurtre civique..., il donne froid dans le dos ! (8)

Et que dire d'autres procédés rhétoriques peu soucieux de vérité utilisés par M. Planchar ?

"Attentats, assassinats, exactions, rackets : le DHKP-C ne veut pas la paix.
"La Belgique "découvre" le DHKP-C dans la nuit du 26 au 27 septembre 1999, à la faveur d'un incendie. L'appartement conspiratif que neuf de ses membres occupent à Duinbergen (Knokke-Heist) livre ses secrets."

Dès le début du billet de M. Planchar il y a d'abord la dénonciation d'«attentats, exactions, rackets» (commis par qui ?, à combien de milliers de kilomètres de la Belgique ?) de même que du "fait" que «le DHKP-C ne veut pas la paix», tout cela suivi de la phrase en rien anodine : «La Belgique "découvre" le DHKP-C dans la nuit du 26 au 27 septembre 1999, à la faveur d'un incendie" (dans) un "appartement conspiratif" que neuf de ses membres occupent à Duinbergen».

Quel est le but ce cette juxtaposition d'énoncés ? De toute évidence, faire porter aux membres du DHKC en Belgique la responsabilité de "faits" qui auraient eu lieu à des milliers de kilomètres de la Belgique et qui, par ailleurs, comme nous l'avons vu plus haut, sont soit entièrement faux, soit à relativiser fortement.

C'est quoi, en outre, un appartement "conspiratif" sinon une figure de style destinée à renforcer l'effet d'amalgame ? Par ailleurs, si Monsieur Planchar avait tout simplement lu la presse de l'époque (ou le dossier judiciaire), il n'aurait pas pu terminer sa phrase par son "que neuf de ses membres occupent à Duinbergen", car il aurait su qu'ils n'étaient que trois...

La liste est longue. Mais le lecteur pourra se faire par lui-même une opinion sur ce que nous avançons tout simplement en lisant l'«article» de M. Planchar.

Delmulle - Planchar : mêmes méthodes... même combat
Peut-être que le Clea devrait remercier M. Planchar –non d'avoir traité un jour ses membres de "complices" d'un groupe "terroriste" (La Libre Belgique du 2 mai 2006), affirmation à laquelle des nombreuses personnalités du monde académique et politique ont donné une réponse ferme et indignée (9)– mais de se livrer à un exercice journalistique que l'on pourrait qualifier de "didactique" car, au-delà certainement de ses intentions, en procédant à aborder son sujet de la manière dont il le fait, il adopte une démarche discursive tellement proche de celle développée par le procureur Johan Delmulle lors du procès du DHKC (tant à Bruges qu'à Gand) qu'il ne peut qu'aider ses lecteurs à comprendre par quel biais (juxtapositions d'informations disparates, conjectures, évocation de rumeurs, calomnies, présomptions qu'il essaie de présenter comme ayant un lien de cause à effet quand en réalité ce lien n'existe pas) le procureur tente d'influencer les juges afin d'imposer auprès d'eux la vision des choses voulue et attendue par le régime turc. En effet, le procès en appel à Gand confirme quelque chose que l'on avait déjà pu observer à Bruges : ce n'est pas sur des faits tangibles mais sur des présomptions "fantaisistes" et donc non fondées que M. Delmulle entend faire condamner les prévenus.

Pour le compte de qui Monsieur Planchar développe-t-il son "requisitoire" ?

Il y a une différence cependant entre les comportements de MM. Delmulle et Planchar : certainement obligé à observer une certaine retenue, M. Delmulle –pourtant déjà extrêmement partial et partisan et, nous le savons maintenant, en rien respectueux de la loi– va tout de même moins loin, dans son forcing sur la réalité, que M. Planchar qui se permet même de suggérer la sentence que les juges devraient prononcer : "Pas d'angelisme, c'est un groupe criminel et terroriste", leur adresse-t-il.

Monsieur Planchar se laisse-t-il inspirer par les "Loups gris", ou surfe-t-il simplement sur la culture de la peur tellement prégnante dans un contexte de "guerre mondiale au terrorisme" ?


Notes :

(1) http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=307249

(2) Deux exemples :
1) Le 9 avril 1991, date de la ratification de la loi anti-terroriste en Turquie, deux combattants de Devrimci Sol (l'une des organisations ayant donné naissance au DHKP-C) sont assassinés à Izmir. Quelques jours plus tard, le 22 avril exactement, Devrimci Sol mène une action spectaculaire au Swiss Hotel à Istanbul où devait se tenir la célébration de mariage d'Efe Özal, fils du président de la république Turgut Özal. Mais Devrimci Sol révèle délibérément l'endroit où se trouvent les explosifs pour ne pas causer de victimes innocentes, en expliquant que "le but n'était pas de les actionner mais de mettre en garde la famille Özal qui sème la terreur contre le peuple pour protéger ses privilèges".
2) Dans un article paru dans "Milliyet", le deuxième plus grand quotidien turc, en date du 22 décembre 1990, un haut responsable des services secrets turcs (la M.I.T.) déclare après que Devrimci Sol se soit emparé des plans d'un gazoduc traversant Istanbul : "Nous ne savons pas ce qui pourrait arriver si l'organisation utilise ces plans en guise de chantage. Quoiqu'il en soit, nous sommes sûrs que d'éventuels attentats de cette organisation ne viseraient pas les citoyens vu le caractère politique de celui-ci. Dans les attentats à la bombe commis par Devrimci Sol auparavant, il n'y a pas eu de morts. Soit, ils avertissaient le personnel au préalable, soit ils organisaient l'évacuation des bâtiments concernés en ligotant le personnel afin de les empêcher de regagner les lieux. En revanche, ce qui est sûr, c'est que l'État risque de subir de lourds dégâts matériels."

(3) Lire : Bahar Kimyongür, "Le DHKP-C en guerre contre la drogue" (http://leclea.be/pages/guerrealadrogue.htm)
Lire aussi : Jean Flinker, "L'autre affaire Erdal" (http://leclea.be/pages/page_autre.html), Info-Turk, n° 234, "Nouveau rapport controverse sur le scandale de Susurluk" (http://www.info-turk.be/234.F.htm) et L'Humanité, 8 novembre 1996, "La maffia, c'est l'État" (http://www.humanite.presse.fr/journal/1996-11-08/1996-11-08-764701).

(4) Fehriye Erdal n'est pas, comme beaucoup le croient, accusée d'avoir executé l'un des dynastes du holding Özdemir Sabanci, le patron de Toyota Haluk Görgün et la secrétaire des Sabanci Nilgün Hasefe, mais d'avoir facilité l'entrée des auteurs dans la tour. Sur le plan juridique, Fehriye Erdal n'est pas poursuivie pour meurtre ou participation à un triple meurtre mais pour "tentative de renversement de l'ordre constitutionnel" (article 146/1 du Code pénal turc). Au-delà de l'innocence de F. Erdal, il est très significatif d'observer que l'État turc considère comme synonymes l'élimination d'un puissant industriel et le renversement de l'ordre établi...

(5) "Fehriye se raconte", Solidaire, le 23 août 2000 : http://www.ptb.be/international/article.phtml?section=A1AAABBO&object_id=2303

(6) Au-delà des identités des auteurs d'une exécution politique qui a bien eu lieu, il faut en effet savoir que le 4 janvier 1996, soit cinq jours avant l'attentat contre Sabanci, quatre détenus du DHKP-C ont été sauvagement assassinés par l'armée dans la prison d'Ümraniye à Istanbul. Durant leurs funérailles, près de 1500 manifestants furent arrêtés et parqués dans un stade (les dictatures semblent avoir une prédilection pour les stades) et un journaliste de gauche du nom de Metin Göktepe, lui aussi arrêté par la police, fut torturé à mort. Après la découverte de son corps lacéré, la police déclara qu'il était tombé d'un mur… d'un mètre de haut ! Voilà le contexte de l'acte de violence révolutionnaire qui visa le milliardaire Sabanci. Sans une contextualisation des faits, l'attentat contre ce dernier peut ainsi être présenté comme un fait divers indépendant de la violence qui émaillait et émaille la vie quotidienne du pays. Et toutes les actions de la résistance française contre l'occupant nazi pourraient ainsi, à leur tour, être dénigrées et criminalisées.

(7) http://leclea.be/pages/baharplaidoirie.htm

(8) Lire : Le Monde, 3 juin 2006, "Un couple belge dans l'enfer de la guerre contre le antiterrorisme"
(http://www.lemonde.fr/cgi-
bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=947414
)
Lire aussi: Comité "T", dossier de presse:
http://www.liguedh.be/medias/520_DOSSIER_DE_PRESSE_COMITE_T.pdf

(9) http://www.lalibre.be/article.phtml?id=11&subid=118&art_id=284219



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«(...) au moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques – élections, parlements, hautes cours de justice– demeureront mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu'ils étaient aux bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions (...) et de tous les éditoriaux mais (...) l'oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes
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