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Clea

Clea
Comité liberté d'expression et d'association

S'exprimer, s'organiser, contester:
ce n'est pas du terrorisme !


 

   
Carte blanche du Clea pour la libération de Bahar Kimyongür

NOUS SOUTENONS BAHAR KIMYONGUR AU NOM DE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION ET D'ASSOCIATION

Le Soir - 13/06/2006

La vie de Bahar Kimyongür est en danger en raison de ses opinions et de son appartenance politique. C'est inacceptable !

L'engagement de ce ressortissant belge de 32 ans l'a conduit à dénoncer sans relâche les actes de violence perpétrés par l'Etat turc contre les opposants au régime. Nous constatons qu'il risque désormais d'être livré aux tortionnaires dont il dénonce les crimes.

La Turquie étant systématiquement épinglée par la Cour européenne des droits de l'Homme et Amnesty International pour violations des droits de l'Homme, nous avons décidé de nous mobiliser. D'une part, nous trouvons inadmissible que l'intégrité physique d'un citoyen belge qui n'a commis aucun délit soit menacée et, d'autre part, nous considérons que son cas constitue un symbole des dangers qui pèsent actuellement en Europe sur la liberté d'expression et d'association.

Comment ne pas conclure que la Belgique collabore avec un pays qui viole les droits de l'Homme ?
Au nom de la lutte contre le "terrorisme", les libertés des citoyens belges sont menacées. Le cas de Bahar Kimyongür en constitue une illustration dramatique.

Le 28 avril dernier, notre compatriote a été arrêté par les autorités néerlandaises qui doivent, à partir de ce 13 juin 2006, décider du bien fondé d'une demande d'extradition formulée à son encontre par la Turquie.

Ce pays lui reproche d'avoir interpellé, au Parlement européen, un ministre turc en dénonçant les violations des droits de l'Homme commises sous les ordres de son gouvernement ; d'avoir pris part une grève de la faim pour soutenir un détenu en Allemagne et d'avoir assisté au procès de Fehriye Erdal en Belgique. En outre, Bahar Kimyongür est menacé du simple fait de son appartenance au bureau d'informations à Bruxelles d'une organisation communiste d'opposition au régime d'Ankara.

Ces faits sont qualifiés d'"actes terroristes" par la Turquie alors qu'ils relèvent tous de libertés garanties par les constitutions belge et néerlandaise. Nous demandons donc aux Pays-Bas de ne pas l'extrader vers la Turquie et de le libérer afin qu'il soit en mesure d'assister à son procès en appel en Belgique.

- Bahar Kimyongür a été condamné à quatre ans d'emprisonnement en Belgique au terme d'un procès rocambolesque. Les faits qui lui étaient reprochés paraissent dérisoires : il a été puni pour avoir traduit, diffusé et commenté un communiqué du DHKPC et pour être membre du bureau d'informations de ce mouvement à Bruxelles.

Le tribunal qui l'a condamné s'apparente à une juridiction d'exception : le juge qui y a siégé a été spécialement transféré à Bruges et est la personne qui a refusé, lorsqu'elle était responsable du Comité P, de divulguer un rapport mettant en évidence les accords secrets conclus entre les polices belge et turque visant à ficher la population d'origine turque en Belgique. Le procureur fédéral dans le cadre de ce procès est le rédacteur de la version initiale du projet de loi sur les organisations criminelles qui devait permettre d'attaquer toute association politique à vocation contestataire.

Nous exigeons que les autorités belges mettent tout en oeuvre afin d'éviter son extradition des Pays-Bas vers la Turquie.

L'inculpé a directement interjeté appel. Mais son arrestation inopinée aux Pays-Bas l'empêche désormais de se défendre, ce qui constituerait pourtant l'occasion de démontrer la dangerosité des nouvelles législations " antiterroristes " adoptées en Europe avec la bénédiction américaine.

- Les autorités belges avaient connaissance du mandat d'arrêt international dressé par la Turquie mais ont décidé de ne pas prévenir leur ressortissant. Bien au contraire, dès que Bahar a quitté le territoire belge, il a été intercepté par la police néerlandaise qui l'a placé en détention.

- En dépit de demandes incessantes, l'Etat belge refuse toujours de se positionner officiellement pour protéger son ressortissant.

La démocratie, c'est la mobilisation citoyenne !
Le Comité pour la liberté d'expression et d'association a décidé de réagir. Nous encourageons tous les citoyens à signer la pétition "Liberté pour Bahar !" disponible sur le site : http://leclea.be/ car, au-delà des dangers graves encourus par M. Kimyongür, il s'agit d'un combat symbolique. S'il est extradé vers la Turquie, toute personne développant un argumentaire critique contre les pouvoirs en place et s'organisant en conséquence pourra dorénavant être taxée de terroriste et punie comme telle ; ce qui remettrait en cause la liberté d'expression et d'association de tous les citoyens.

Nous appelons également tous les démocrates à se réunir le 28 juin 2006 à 17h30 devant le Consulat de Turquie à Bruxelles (4, rue Montoyer. 1000 Bxl).

Nous exigeons que les autorités belges s'engagent à mettre tout en oeuvre afin d'éviter l'extradition de Bahar Kimyongür des Pays- Bas vers la Turquie. Mais, si la justice et le gouvernement ne prennent pas leurs responsabilités, c'est aux citoyens de démontrer que la démocratie a encore du sens.

Signataires : Thierry Abel, directeur Cinéma Arenberg ; Jacques Aghion, professeur émérite, ULg ; Laurent Arnauts, juriste, directeur du Journal du Mardi ; Les amis du monde diplomatique de Liège ; L'Association des Arméniens Démocrates de Belgique ; Les Associations Assyriennes de Belgique ; Jan Beghin, député bruxellois, sp.a ; Thomas Berns, philosophe, ULB ; Jean Bricmont, professeur, UCL ; Georges-Henri Clopeau, professeur retraité, France ; Le Collectif acontrecourant ; Coordination Zapatiste Indigène ; Collectif Chiapas ; Fabienne Collette, chercheur qualifié (FNRS) Unité de Neuropyschologie, ULg ; Jean-Philippe Convert, artiste ; Jacques Debatty, secrétaire fédéral adjoint, CSC-Bruxelles ; Baudouin Deckers, secrétaire général, Parti du Travail de Belgique ; Vincent Decroly, avocat au Barreau de Bruxelles ; Florence Degavre, chercheuse, GRAID, ULB ; Véronique Delacour, musicienne, France ; Céline Delforge, députée bruxelloise, Ecolo ; Benjamin Deman, juriste, FGTB ; Gérard de Sélys, journaliste, écrivain ; Blandine Destremau, chercheur URBAMA, France ; Paul-Emile Dupret, juriste au Parlement européen, groupe GUE/NGL ; François Gobbe, Réseau Kairos, Wallonie/Bruxelles ; Corinne Gobin, politologue, directrice du GRAID, ULB ; Sophie Heine, doctorante à l'ULB, membre d'Attac ; Ginette Hess Skandrani, journaliste, France ; Nico Hirtt, écrivain, enseignant, chercheur ; Francois Houtart, président de la Ligue internationale pour la Libération et le Droit des Peuples ; Patrick Italiano, chercheur en sociologie, ULg ; David Jamar, chercheur, ULB ; Raoul Marc Jennar, chercheur, ULB ; Bob Kabamba, vice-président CNAPD ; Mounir Kadjaj, avocat au Barreau de Bruxelles ; Jean-Pierre Kerckhofs, enseignant, Président de l'Appel Pour une Ecole Démocratique ; Jean-Marie Klinkenberg, professeur, ULg ; Annie Lacroix-Riz, professeur d'histoire contemporaine, université Paris VII ; Jérôme Leboutte, président de la Fédération des étudiants de l'ULg (Fédé) ; Vincent Letellier, avocat ; Roland Libois, chargé de cours, ULg ; Tinny Mast, maman de Kim et Ken ; Pierre Marissal, assistant chargé d'exercices, chercheur à l'IGEAT-ULB ; Thierry Meulemans, professeur, ULg ; Jacques Nikonoff, président d'Attac-France ; Jean- François Noville, metteur en scène ; Olivier Ormand, comédien ; Dogan Ozgüden, journaliste, Info-Türk ; Christine Pagnoulle, chargé de cours et chef de travaux, ULg ; Jorge Palma, chercheur, ULg ; Jean Pestieau, professeur, UCL ; Barrack Rima, metteur en scène et cinéaste ; Vincent Robeyns, Isagoria ; Nadine Rosa-Rosso, Rassembler les Résistances ; Frédéric Roullier-Gall, cinéaste ; Annick Stevens, professeur, ULg ; Inci Tugsavul, journaliste, Editrice d'Info-Türk ; Geert Van Moorter, médecin ; Dan Van Raemdonck, président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme ; Olivier Vandenberg, médecin microbiologiste ; Grégoire Wallenborn, chercheur, ULB ; Henri Wajnblum, Union des Progressistes Juifs de Belgique ; Jean-Philippe de Wind, avocat.