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Clea

Clea
Comité liberté d'expression et d'association

S'exprimer, s'organiser, contester:
ce n'est pas du terrorisme !


 


İntervention de Karin Resetarits à la manifestation du 28. Juin en français et anglais:

"En tant que Membre du Parlement Européen, l'un de mes principaux centres d'intérêt est la situation des droits de l'homme en Turquie.
 
Dans mon travail, j'essaye toujours de me forger l'opinion la plus objective que possible sur une situation.
Pour cela, il est important de toujours entendre tous les parties dans un conflit.

Car très souvent, il y a une différence entre ce qu'un Etat communique officiellement, et ce qu'il ne communique pas.
C'est ce qu'il ne communique pas qui doit être alarmant!

C'est aussi le cas de la Turquie, et c'est pour cela que le travail d'information de quelqu'un comme Bahar est essentiel pour nous, les politiciens, mais aussi pour la démocratie en Turquie.

C'est ainsi que j'ai pris connaissance de la situation précaire des prisonniers politiques en Turquie, du nombre de personnes incarcérées pour la seule raison de leurs idées politiques, du traitement inhumain dans les prisons du type F, de l'isolation et de la torture.

Dans une démocratie, il n'est pas possible de punir une personne pour avoir une opinion critique envers le régime en place, ou pour avoir dénoncé les problèmes d'un pays.
La liberté d'expression est un droit démocratique fondamental!

C'est ici que la nouvelle législation anti-terroriste constitue un danger.
Au nom de ces lois, des personnes et des organisations qui gênent l'image politique se voient tout simplement figurer sur la blacklist.
C'est un moyen facile et convenant pour éradiquer les opposants ou les voix critiques. Nous avons vu dans le passé à quoi peut amener une telle inquisition ...

On devient un terroriste pour la simple raison d'appartenir à une organisation qui n'est pas tolérée par le régime et qui pour cela est mis sur la blacklist.

Il n'y a pas de doute que nous sommes tous d'accord que la lutte contre le terrorisme est devenue indispensable.
Il est le devoir de l'Etat de nous protéger contre les terroristes. Des terroristes dangereux.
Quand je dois voire maintenant, que cette lutte consiste à mener de longues enquêtes bureaucratiques qui concernent plusieurs pays, qui durent des mois, et qui finalement coutent beaucoup d'argent aux contribuables... tout cela, pour se débarrasser de quelqu'un dont le seul acte soi-disant "terroriste" était d'informer sur la situation des droits de l'homme en Turquie!
... Je dois vraiment me demander si c'est ce que j'attends de l'Etat, ou si cela n'est pas, à la fin, rien d'autre qu'un gâchis d'énergie et d'argent.

Car: Est-ce que ce procès va vraiment prévenir de nouvelles attaques terroristes?
Si ceci est la face du terrorisme, je me demande quand même s'il n'y avait pas de plus grands poisson à attraper que Bahar...

Ce n'est pas à nous de décider si Bahar est un terroriste ou non.
Nous demandons aujourd'hui à ce que Bahar ne soit pas extradé en Turquie, et que son cas soit enfin jugé sous de conditions justes et faires.
Nous ne pouvons autoriser qu'un citoyen de l'Union Européen soit extradé dans un pays où les prisonniers politiques sont tenus dans des conditions inhumaines et où la torture est pratique commune.

Nous ne pouvons fermer nos yeux maintenant que quelqu'un qui a dédié toute sa vie à la défense des droits de l'homme en Turquie se voit lui même victime de ce system."


"As a Member of the European Parliament, one of my main points of interest is the situation of human rights in Turkey.

In my work, I always try to form an objective opinion about a situation. Therefore it is important to listen to all parties concerned by a conflict.

Because often, there is a difference between what a state officially communicates, and what it doesn't communicate. It is what it doesn't communicate that is alarming.

This is also the case for Turkey, and this is why the information work of people like Bahar is essential for us politicians, and also for democracy in Turkey.

It is by such means that I was informed on the desolate situation of political prisoners in Turkey. On the number of political prisoners that are incarcerated for their political believes only, on the inhuman treatment in F-Type prisons, isolation and torture.

In a democracy, it can not be that people are punished for having a critical opinion on the established regime or for pointing out problems in a country.
Freedom of speech is a fundamental democratic right.

This is where the new anti-terrorist legislation can become a dangerous tool.
In the name of these anti-terrorist laws, people and organisations that do not fit into the political picture are simply put on the blacklist. It has become a very easy and convenient way to eradicate opponents or critical voices.

One becomes a terrorist for the only reason of his membership to an organisation that is not tolerated by the regime and therefore blacklisted.
It goes even further- one becomes a criminal without having committed any criminal act. We have truly reached a very absurd situation.

There is no doubt that we all agree that the fight against terrorism is indispensable. It is the state's duty to protect us from terrorists. Real terrorists.

When I have to see now that this fight consists in long and bureaucratic investigations that go on for months, involve several countries and that cost a lot of money to the taxpayer, just to get rid of somebody, whose only so-called terrorist activity was to inform on the situation of human rights in Turkey -
I really have to ask myself if this is what I want the state to care about and if this is not, in the end, nothing else then wasted energy and money.

Will this really prevent new terrorist attacks?
If that is the face of terrorism, I wonder if there is no bigger fish to catch then Bahar?

It is not up to us to decide whether Bahar is a terrorist or not.
What we stand up for today is that Bahar will not be extradited to Turkey, and that his case will finally be judged under fair conditions in Belgium.
We can not allow that an EU citizen will be extradited to a country where political prisoners are kept under inhuman conditions and where torture is still common practice.
We can not shut our eyes when we see that somebody who dedicated his life to fight against this inhuman treatment is becoming a victim of this system himself."