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Les
détenus de Bruges :
Musa Asoglu,
Sükriye Akar, Kaya Saz
Des
traitements cruels, inhumains
et dégradants
en Belgique
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Musa
Asouglu
Musa Asoglu
est né le 15 août 1961 à Hendek
en province de Sakarya dans la région
de la Mer Noire occidentale (Nord-ouest
de la Turquie).
Son père,
Fikri Asoglu, aujourd'hui un vieil homme robuste
et respecté, quitta la Turquie
en 1962 pour s'installer à Zolder
en Belgique afin d'y travailler dans
les mines.
Trois ans
plus tard, le père Asoglu déménagea
vers les Pays-Bas. En pays batave, il
devint restaurateur puis gérant
de café. La mère, le frère
et la sœur de Musa rejoignirent
le père Asoglu en 1974.
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La famille Asoglu
est d'origine abkhaze. Les Abkhazes forment
un peuple originaire du Caucase du Nord.
En 1866, ils furent contraints à l'exode,
principalement vers l'Anatolie, tout comme
leurs voisins Tcherkesses et ce, après
avoir résisté ardemment aux
troupes du Tsar Alexandre II.
On compte aujourd'hui plus de 600.000 Abkhazes vivant en Turquie.
En 1978, année où il termina ses études au lycée,
Musa s'engagea dans les Jeunesses Révolutionnaires (Dev Genç).
C'est également l'année où fut créée Devrimci
Sol, la Gauche révolutionnaire, une organisation de résistance anti-fasciste
qui se développera jusqu'à devenir en 1994, le DHKP-C.
En 1979, son père le fait venir aux Pays-Bas pour le tenir à l’écart
des affrontements qui opposaient les révolutionnaires aux militants fascistes
des « Loups Gris ». Il était alors âgé de
18 ans. Aux Pays-Bas, il fit des études supérieures pour enseigner
le Turc et obtint un diplôme d'enseignant pour le niveau secondaire.
Tout au long de sa vie en Europe, il a continué à dénoncer
le fascisme en Turquie. Musa Asoglu est marié depuis décembre 2002.
Il est le principal accusé dans l’affaire de Knokke et à ce
titre, a écopé 6 ans de prison ferme en première instance.
Il avait été arrêté le 26 septembre 1999 en même
temps que Kaya Saz et Fehriye Erdal et avait alors fait six mois de détention
préventive avant d’être relaxé. Une fois libre, il
mena une activité politique parfaitement publique et démocratique
en attente d’être jugé.
Tout comme Bahar Kimyongür, il a été condamné en vertu
de la loi anti-terroriste pour avoir prétendument lu un communiqué de
revendication de la branche militaire du DHKC en la date du 28 juin 2004. Lors
du procès en appel, la défense a démenti cette accusation
en montrant les images de cette conférence de presse où l’on
voit et entend Musa Asoglu clairement refuser de parler du fameux communiqué.
Depuis le 28 février 2006, date de son arrestation, il est détenu à la
prison de Bruges où il subit un régime d’isolement d’une
rare cruauté. Il subit en effet des fouilles humiliantes lors de chaque
déplacement. Il n’a aucun contact avec d’autres détenus.
Seule sa famille proche peut lui rendre visite. Chaque demi heure, il est réveillé par
ses gardes. Et depuis quelques jours, malgré la décision de justice
qui prévoyait l’allègement de son régime strict, la
lumière de sa cellule est allumée toute la nuit.
Sükriye
Akar
Elle
est née le 27 août 1971 à Ludwigsburg
en Allemagne. Son nom de jeune fille
est Özordulu. Sa famille est orginaire
de la ville turque de Samsun, une ville
septentrionale située sur les
rives de la Mer Noire.
Elle a un frère, Mustafa, aujourd'hui âgé de
31 ans qui est psychologue.
En
1992, elle est diplomée au lycée "Wirtschaftsgymnasium" de
Feuerbach (Stuttgart) et obtient le
baccalauréat
(ce que l'on appelle l'Abitur en allemand).
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Elle
ne poursuivra pas
des études
universitaires, mais une formation
professionnelle de deux ans ayant trait
au secteur du transport. Cette
formation était
donnée par la société :
Schenker-Rhenus.
Le 13 avril 1993, elle se marie avec
Fikret Akar qui était déjà engagé dans
la lutte anti-fasciste.
En décembre 2001, son mari Fikret
est arrêté dans un
quartier d'Istanbul et condamné à 10
ans de prison ferme pour appartenance au
DHKP-C. Il est depuis, incarcéré à la
prison de type F de Tekirdag.
L'engagement politique de son mari aura un grand impact sur elle.
En 1994, Sükriye obtient son graduat et est engagée par la société Emery
Worldwide dans le fret aérien avec le statut de "export agent".
Elle travaille pour Emery jusqu'en 1995.
Active depuis plusieurs années dans
le travail de solidarité avec
les prisonniers politiques surtout depuis
l'arrestation de son mari, elle organisera
plusieurs symposia internationaux sur la
prison et l'isolement carcéral.
Dans ce cadre, elle entre en contact avec
les organisations des droits de l'Homme tous
azimuts et entretient une relation étroite
avec des personnalités
telles Angela Davis et Noam Chomsky. Elle
participera systématiquement à tous
les forums sociaux européens pour
faire entendre la résistance
des détenus politiques de Turquie.
Au bureau d'information du DHKC, elle
se chargeait de classer, de scanner et
de publier toutes les revues politiques,
culturelles et satiriques publiées
par les détenus du DHKP-C (revues fabriquées en prisons de type
F dans des conditions extrêment difficiles mais aussi souvent très
cocasses, notamment via le lancer de la balle d'une courette à l'autre)
mais également la connexion entre les prisonniers politiques à travers
le monde. Elle assurait notamment un contact entre les détenus du DHKP-C
et les détenus politiques incarcérés dans les prisons nord-américaines
comme les "Cuban 5", les "Angola 3",
Mumia Abu Jamal, Leonard Peltier et bien
d'autres.
Sükriye a été condamnée le 28 février 2006 à 4
ans de prison ferme par le tribunal correctionnel
de Bruges.
Sükriye parle couramment le turc, l'allemand, l'anglais, le néérlandais
et a quelques notions de français.
•Lire : «Les
raisons de ma condamnation...» par
Sukriye Akar
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Actualité de
Huxley
«(...) au moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation
mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques
– élections,
parlements, hautes cours de justice–
demeureront mais la substance sous-jacente
sera une nouvelle forme de totalitarisme
non violent. Toutes les appellations
traditionnelles, tous les slogans
consacrés resteront exactement
ce qu'ils étaient aux bon
vieux temps. La démocratie
et la liberté seront les thèmes
de toutes les émissions (...)
et de tous les éditoriaux
mais (...) l'oligarchie au pouvoir
et son élite hautement qualifiée
de soldats, de policiers, de fabricants
de pensée, de manipulateurs
mentaux mènera tout et tout
le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes |
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