«Une nouvelle İnquisition»
Avant de commencer,
il nous est important de souligner
qu'avec cette conférence
de presse, nous ne visons pas la politique
anti-terroriste en générale.
Il s'agit plutôt de questionner
l'application de cette politique dans
des cas très précis.
Une politique anti-terroriste qui remonte à l'administration
de George Bush, et qui, non seulement
est acceptée, mais en plus, qui
est en grande partie supportée
et adaptée par les gouvernements
européens. La politique anti-terroriste
actuellement pratiquée par les
États-Unis –et ainsi, également
par l'Europe– est une nouvelle forme
de l'Inquisition.
Au nom de cette politique
anti-terroriste, on mène des guerres qui ne sont
pas conformes au droit international,
des prisons secrètes sont autorisées,
l'utilisation de la torture est légitimée,
des personnes sont accusées
et arrêtées à base
de motivations racistes et religieuses.
Le cas de Bahar montre
bien à quelle
point il est devenu facile pour l'Etat
d'intimider des citoyens qui gênent
politiquement, de les enfermer, et
finalement, les rééduquer.
Pour se retrouver
derrière
les barreaux pour quelques années,
il suffit qu'un tribunal atteste qu'on
est membre ou sympathisant d'une organisation
illégale.
Il n'est plus nécessaire d'avoir
commis un crime, il suffit le reproche
de la conspiration.
Au Moyen Age aussi,
il suffisait qu'une personne s'oppose,
par sa manière
de penser, au moral clérical
ou séculier, pour finir sur
le bûcher.
Au niveau politique,
nous demandons la création d'une institution
indépendante, une sorte de "commission
anti-terroriste".
Il est insoutenable que le Conseil
Européen établie secrètement
une liste noir. Le Conseil doit être
obligé de la rendre publique
devant cette institution indépendante.
Les organisations et les personnes
qui figurent sur cette liste doivent
en être informées, et
elles doivent être informées
sur les conséquences et les
possibilités légales.
Le Conseil agit sans control est expose
ainsi ses citoyens à une situation
arbitraire.
Il ne peut être possible que
les activistes des Mojahedin iraniens
par exemple entrent et sortent au Parlement
Européen, et organisent des
conférences de presse avec des
députés, pendant que
les activistes de l'organisation turque
DHKC sont condamnés à des
peines de prison de plusieurs années
pour le même travail de lobbying à Bruxelles.
Tous les deux mouvements
figurent sur la liste noire. Aux
premiers, le travail politique est
momentanément
autorisé en Europe, car le Conseil
craint plus le gouvernement iranien
actuel que le mouvement de résistance.
Les autres se voient accusés
de conspiration, parce que le gouvernement
Erdogan se trouve en situation de flirt
avec l'Europe, et parce qu'il est soutenu
par les Etats Unis et l'Europe dans
sa lutte contre l'opposition radicale
dans son pays.
Qu'est-ce qu'il en est par exemple
avec le Hamas?
Est-ce que les supporteurs de cette
organisation doivent être considérés
comme des terroristes?
Combien d'années de prison risque
un citoyen belge qui, par exemple,
gère le bureau d'information
de Hamas à Bruxelles, si celui-ci
traduit en français des communiqués
de presse pour cette organisation?
Sera-t-il aussi condamné à quatre
ans de prison? Et si Israël, par
exemple, lance un mandat international
d'arrêt contre cette personne
- Est-ce qu'il serait aussi extradé par
un autre Etat européen?
Une commission anti-terroriste
indépendante
devrait contrôler tous ces cas
et devrait informer quelles organisations
figurent sur la liste ou non, lesquelles
on peut supporter légalement
dans le cadre de ces lois, et sous
quelles conditions un support moral
devient éventuellement punissable.
La pétition pour le cas de
Bahar que nous avons diffusée
sur Internet il y a quelques jours
seulement a entretemps été signée
par des milliers de gens dans le monde
entier, et cela sans que les média
lui aient consacrée énormément
d'attention.
Pour moi, cela est la preuve que le
temps est venu de lancer une initiative
de citoyens au niveau européen
contre cette nouvelle forme d'inquisition.
Tout ceux qui veulent défendre
des droits fondamentaux démocratiques
sont appelés à signer
cette pétition.
Malheureusement,
la Constitution Européenne
n'est pas encore en vigueur, sinon
on aurait pu tout officiellement lancer
une initiative de citoyens.
Notre prochain pas sera d'examiner
les autres possibilités existantes
et utiles qui s'offrent aux citoyens
de l'Union Européenne afin de
se défendre contre cette politique
anti-terroriste. |