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Un seul pas suffirait pour arrêter le compteur macabre !
Avant son incarcération, Bahar Kimyongür avait lancé un appel urgent à la constitution d'une délégation internationale en Turquie en vue de sauver la vie de l'avocat des droits de l'Homme Behiç Asçi, en grève de la faim depuis plusieurs mois en protestation pour les conditions de détention de ses clients. Il fut écouté mais Maître Asçi se débat encore entre la vie et la mort. Faisons du geste généreux de Bahar une victoire : Soutenons sa campagne ! [Lire]

 


Enjeux du procès DHKP-C
Ce qui se cache derrière l'«affaire Kimyongür»

Derrière le procès DHKP-C, dont Bahar Kimyongür est l'un des accusés, se cachent des enjeux politiques fondamentaux.


L'analyse du Clea à cet égard conduit notre comité à organiser un grand rassemblement le Mardi 7 novembre prochain (jour du verdict) devant le tribunal de Gand à 8:30 heures autour de trois mots d'ordre :

 


-Acquittement pour Bahar !
-Non aux législations antiterroristes qui menacent nos libertés !
-Non à la criminalisation de la contestation !

Au niveau international, la guerre mondiale de G. W. Bush contre le "terrorisme" constitue dans les faits une attaque majeure contre le droit à la résistance à l'oppression.

Les citoyens belges ont le droit d'en être informés.

La population palestinienne a voté massivement en faveur du Hamas ; l'Etat israélien arrête des ministres palestiniens car il les considère comme les membres d'une organisation terroriste. Le Hezbollah connaît un soutien populaire sans précédent au sein de la population libanaise et dans tout le monde arabe depuis qu'il a résisté et survécu à l'attaque de l'été dernier. Dans un même temps, Israël et les USA présentent ce mouvement comme terroriste.
En Turquie, le DHKP-C est défini par le gouvernement comme un groupe terroriste. Celui-ci rétorque que c'est l'Etat turc qui terrorise sa propre population.

Qui a raison, qui a tort ? Les Palestiniens ou les Israéliens ? Ceux qui se font exploser dans des bus ou ceux qui tirent sur des enfants ? Bush ou Nasrallah ? L'Etat turc ou le DHKP-C ? Le Clea, d'un point de vue collectif, ne répond pas à ce type de questions : parce qu'il n'y a pas d'unanimité sur ces sujets en son sein ; parce que ce n'est pas ce questionnement-là qui retient avant tout notre attention. Ce que nous pouvons dire à ce propos, c'est la formulation d'une constatation.

Plus que jamais, depuis les attentats du 11 septembre 2001, le caractère politique des luttes violentes contre la violence des États est nié par ces mêmes Etats. Pendant la Seconde guerre mondiale, les envahisseurs allemands qualifiaient les actes de résistance armée d'actions terroristes. Or, après la défaite des Nazis, les terroristes sont devenus des héros. Le qualificatif donné à tel ou tel groupe d'opposition est, en fait, le résultat d'un rapport de forces. Aujourd'hui, on le remarque clairement, les pays occidentaux, les pays riches se rangent derrière la bannière américaine en clamant leur supériorité démocratique et en dénonçant leurs opposants comme "terroristes" ; ce qui empêche toute discussion sur les raisons de la violence, de la résistance à leur politique et sur leur propre action. Or, les citoyens belges ont aussi le droit d'en être informés.

Très précisément, dans ce cadre, le Clea informe la population sur l'action de certains de ces "terroristes" qui se définissent comme des "résistants" et diffuse leurs paroles afin de permettre aux citoyens belges de redécouvrir le caractère politique de leurs combats, pour qu'ils puissent mieux se positionner à propos de conflits internationaux dont certains aspects sont masqués par nos dirigeants.

En prenant pareilles positions, l'Etat belge devient, de fait, un des protagonistes de cette nouvelle guerre mondiale menée par W. Bush. Il a choisi son camp, avec comme conséquences concrètes la remise en cause de droits normalement reconnus à tout citoyen de notre pays.


Au niveau belge, la loi contre le terrorisme remet en question la liberté d'expression et d'association, le droit à la contestation.

Qui sont le vrais terroristes ?
Demandez aux gens dans la rue. Pour les uns, ce sont les États-Unis qui bombardent des pays entiers avec les armes les plus destructrices jamais inventées par l'homme ; c'est Israël, qui colonise les territoires palestiniens et abat des enfants qui repoussent Tsahal avec des pierres. Pour certains, c'est l'Etat turc qui opprime les Kurdes et torture plusieurs milliers de prisonniers politiques. Pour d'autres, c'est le Hamas qui commet des attentas suicides ou le DHKP-C dont les unités combattantes exécutent des policiers tortionnaires et des truands de la maffia.

Bref, chacun produit sa propre analyse politique d'une situation lointaine en fonction des informations dont il dispose et de ses convictions intimes. Dans notre pays, des gens prennent parfois la parole pour défendre l'un des protagonistes d'un conflit dans le monde ou manifestent collectivement leur soutien à certaines causes. Il s'agit là de l'exercice de libertés conquises dans notre pays à la suite d'âpres luttes par le mouvement ouvrier et qui font que l'on qualifie la Belgique d'État démocratique.

La liberté d'expression : notre pays s'enorgueillit toujours d'être l'un de ses plus fidèles partisans, comme l'avis quasi unanime formulé par nos élites pour dénoncer les violences ayant fait suite à l'affaire des caricatures du prophète Mahomet semble le démontrer. Pourtant, l'attitude de l'Etat belge semble plutôt être celle du "deux poids, deux mesures"...

Le procès du DHKP-C, dont le verdict en appel a lieu ce 7 novembre et dont Bahar Kimyongür est l'un des prévenus, en constitue l'illustration parfaite. Des autorités politiques, judiciaires et policières de notre pays se sont ainsi entendues pour éradiquer, dans le futur, toute possibilité d'expression à l'organisation communiste turque, pour éliminer ses membres de la scène publique en les emprisonnant, pour organiser, en violant la loi, l'extradition de Bahar Kimyongür vers la Turquie en passant sous-traitance avec la police néerlandaise.

Les élites dirigeantes de l'État belge ont choisi. Pour le procureur fédéral Johan Delmulle, la Turquie est une démocratie ; en conséquence, le DHKP-C est un groupe terroriste.

Un débat politique se retrouve donc dans les tribunaux plutôt que d'avoir lieu dans l'arène publique et est présenté comme une affaire de banditisme. Le Clea dénonce cette situation : si l'Etat turc peut diffuser, en Belgique, à grande échelle sa propagande vantant ses avancées démocratiques, le DHKP-C a également le droit à une tribune politique, comme cela a été le cas pendant plus de dix ans dans notre pays. C'est une aberration que de refuser le droit à l'expression dans un pays, notre pays, qui se présente comme une démocratie. Mais cette contradiction flagrante au sein de la démocratie est rendue possible par l'usage d'un nouvel arsenal juridique, copié de l'administration Bush ; en particulier, par l'utilisation de la loi antiterroriste de 2003.

Dans ce cadre, le Clea prend fermement position car la jurisprudence que certains s'efforcent à faire sortir du procès DHKP-C est une menace pour tous les citoyens.

On se retrouve, en effet, dans la configuration suivante : Bahar, un citoyen belge qui n'a jamais commis le moindre délit ou crime en Belgique, en Turquie ou ailleurs ni n'a eu l'intention de commettre pareil acte risque plusieurs années de prison ferme chez nous. Son appartenance à une organisation –qui agit en respectant le cadre légal belge mais dont la branche armée use sporadiquement de violence, toujours ciblée et en Turquie uniquement, pour répondre à la violence d'Etat– est reprise par ses accusateurs comme base pour "établir", par voie de présomption audacieuses, sa condamnation.

Bahar Kimyongür, qui risque sept ans de prison ferme, a des convictions politiques : il est communiste. Il agit concrètement dans notre pays pour défendre son idéal : il dénonce la situation des prisonniers politiques en Turquie en organisant des conférences de presse, des manifestations, en interpellant des personnalités politiques. Il le fait dans le cadre du bureau d'information du DHKC à Bruxelles, une institution appartenant à un mouvement plus général d'associations diverses, dans la mouvance du parti DHKP (cette mouvance organisant également des syndicalistes, des avocats, des musiciens, les familles de prisonniers politiques, etc…).

En réalité, le tribunal de Gand n'a pas vraiment jugé les faits imputés à Bahar, puisque les griefs imputés relèvent de la liberté d'expression et d'association. En revanche, en prenant position sur la situation en Turquie, il à tiré des conclusions sur les opinions et l'«appartenance» de notre compatriote.. Ainsi, par l'usage de la loi antiterroriste, une opinion contestataire et sa diffusion sont criminalisées, ce qui constitue une menace pour chacun. En démocratie, même si elle ne plaît pas aux élites, une opinion doit pouvoir d'exprimer.

Musa Asoglu, également inculpé de “terrorisme” pour avoir été actif au sein du même Bureau d’Information, a été lourdement puni en tant qu’accusé principal. Il a en effet écopé de six ans de prison ferme en première instance. Pourtant, n’est étayée par rien l’accusation qui pèse sur lui : avoir eu l’intention de commettre un acte de violence en Belgique ou à l’étranger . Il y a sept ans, Musa Asoglu avait été surpris en possession illégale d’arme et de faux documents. Un contexte particulier explique cela : la présence de tueurs à gage et des services secrets turcs à la recherche de la jeune étudiante, ayant trouvé réfuge en Belgique, Fehriye Erdal.

À cette exception près, toute son activité politique a été parfaitement démocratique et légale. Pourtant, aujourd’hui, le Parquet fédéral tente par tous les moyens de le châtier pour son activité d’opposant à l’Etat turc, aussi légale fût-elle.

Musa Asoglu –soumis, à l'instar de ses compagnons Kaya Saz et Sükriye Akar, à un régime de coercition inhumain et dégradant (fouilles anales, isolement total, réveil toutes les demi heures, visites limitées à la seule famille)–, ne s’est jamais soustrait à la justice et assume la reponsabilité politique principale dans cette affaire, au nom d’un combat politique.

Qui trouve que tout va bien dans le monde et dans notre pays actuellement ? Personne. Il est donc normal, légitime de critiquer l'ordre établi, de contester et de s'organiser pour faire évoluer les choses. Avec les nouvelles lois dont s'est doté notre État, ces libertés démocratiques sont aujourd'hui gravement menacées. Un syndicaliste, un altermondialiste, un communiste… peuvent désormais voir leurs combats d'opposants délégitimisés politiquement, stigmatisés et criminalisés. C'est la raison pour laquelle il est plus que nécessaire que tous les citoyens se mobilisent autour du cas de Bahar Kimyongür qui symbolise les dangers que la lutte contre le terrorisme fait peser sur nos libertés, et demande son acquittement. En l'espèce, un verdict de culpabilité servirait de dangereux précédent et nourrirait une jurisprudence délétère. Il est donc fondamental de dénoncer l'usage des lois antiterroristes qui mènent tout droit à des procès correctionnalisés alors qu'ils sont éminemment politiques.

Conclusions

Derrière le combat entre Delmulle, le procureur hors-la-loi, et Kimyongür se cachent donc des problématiques fondamentales.

Une jurisprucence d’exception
En l'espèce, un verdict de culpabilité à l’encontre de Bahar Kimyongür et de Musa Asoglu servirait de dangereux précédent et nourrirait une jurisprudence délétère. Il est donc fondamental de dénoncer l'usage des lois antiterroristes qui mènent tout droit à des procès correctionnalisés alors qu'ils sont éminemment politiques.

Quel que soit le jugement qui sera prononcé le 7 novembre, celui-ci déterminera un certain état de notre démocratie. Peut-on encore exprimer un point de vue contestataire en Belgique ? Telle est la question qui est posée aux juges de la Cour d'Appel de Gand.

Mais ce jugement ne se limite pas à deux seules personnes, sept autres étant également poursuivies dans cette affaire. Si la Justice belge les condamne, elle aura prononcé en correctionnelle une sentence sur des faits politiques, ce qui constituerait nouvelle menace pour ceux qui expriment un autre point de vue politique dans notre pays que celui des gouvernants. Si la Justice belge les condamne, elle aura prononcé une sentence politique sur la situation dans un autre pays. Si la justice belge les condamne, elle aura prononcé une sentence contre toute personne solidaire d'une organisation politique diabolisée arbitrairement par le pouvoir.

"Deux poids, deux mesures, disions-nous. On a modifié, il n'y a pas très longtemps, la loi de compétence universelle pour éviter que notre Justice ne puisse poursuivre le Premier ministre Ariel Sharon. Sous la pression d'Israël et des Etats-Unis, le gouvernement s'est soudainement rendu compte que notre pays ne pouvait pas être le juge universel sur Terre. Par contre, quand il s'agit de communistes, cette forte conviction disparaît.

Qui plus est, ce procès et son verdict auront d'indéniables répercussions au niveau international. En condamnant, en Belgique, des opposants au régime turc, le signal sera clair : la Belgique se montrerait d'accord d'activement participer à la guerre totale, aux côtés des USA et de la Turquie…, contre tous ceux qui s'opposent à l'oppression.

Ce procès nous concerne tous car il engage l'avenir de nos libertés fondamentales !

Réagissons ; la démocratie, c'est nous
Soyons tous présents à Gand le 7 novembre prochain


Le Clea est un collectif citoyen visant à promouvoir un débat critique sur les nouvelles législations antiterroristes. Le cas de Bahar Kimyongür est exemplaire à cet égard. En vertu de ces nouvelles dispositions, non seulement les libertés d'expression et d'association sont mises à mal mais, en plus, l'avenir d'un homme qui n'a commis aucun délit et comdamné aujourd'hui à cinq ans de prison ferme, est gravement compromis.  
 
 
 

autocollant
Bahar Kimyongür est un symbole
Il est le symbole des dangers que la lutte contre le “terrorisme” fait peser sur nos libertés

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«Dis-moi avec qui tu colistes...»
Lire :

«Un citoyen belge livré pour des raisons électoralistes à un régime pratiquant la torture ?»

Consultez aussi :
www.mouvements.be


Actualité de Huxley
«(...) au moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques – élections, parlements, hautes cours de justice– demeureront mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu'ils étaient aux bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions (...) et de tous les éditoriaux mais (...) l'oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes
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