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À lire absolument notre nouvelle et très complète brochure «Kimyongur Bahar : Le dossier à charge»
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Le Clea en a fait son symbole

triangle rouge
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Un seul pas suffirait pour arrêter le compteur macabre !
Avant son incarcération, Bahar Kimyongür avait lancé un appel urgent à la constitution d'une délégation internationale en Turquie en vue de sauver la vie de l'avocat des droits de l'Homme Behiç Asçi, en grève de la faim depuis plusieurs mois en protestation pour les conditions de détention de ses clients. Il fut écouté mais Maître Asçi se débat encore entre la vie et la mort. Faisons du geste généreux de Bahar une victoire : Soutenons sa campagne ! [Lire]

 


Avec un petit peu d’avance, Bahar, c’est nous !
Discours du porte-parole du Clea le 10 décembre à la Porte de Hal à Bruxelles

Bonjour à toutes et à tous,


Je m’appelle Daniel Flinker et je suis le porte-parole du Clea, le Comité pour la liberté d’expression et d’association qui organise la manifestation d’aujourd’hui.
Je ne vais pas vous expliquer dans le détail toutes les irrégularités que notre comité et des juristes ont répertorié lors du procès des membres présumés du DHKP-C dont la procédure d’appel s’est achevée le 7 novembre dernier par le prononcé de condamnations très lourdes : Sukriye Akar a écopé de 4 ans ferme, Musa Asoglu de 7 ans, Fehriye Erdal de 4 ans, Dursun Karatas de 7 ans, Zerrin Sari et Kaya Saz de 4 ans. Bahar Kimyongür a pris, quant à lui, 5 ans de prison ferme.

 
daniel

Tous les détails de ce verdict seront diffusés par le Clea à partir de la fin du mois et normalement dans le courant du mois de février se tiendra le procès en cassation visant à annuler cette décision qui, dans notre pays, répond d’une part, à la doctrine de l’administration Bush visant à restreindre les droits et libertés de tous les citoyens et d’autre part, aux exigences de la Turquie souhaitant museler l’opposition au régime d’Ankara.

Aujourd’hui, je souhaite simplement vous parler de Bahar Kimyongur.

Je souhaite vous parler de Bahar pas seulement parce que c’est mon ami. Je le connais depuis une dizaine d’années et, comme des centaines de personnes en Belgique et à l’étranger, je sais quel est son travail, je sais qu’il n’est pas un terroriste encore moins, comme le prétend le tribunal de Gand, le chef d’une organisation terroriste.

Bahar est un citoyen belge, un militant communiste, qui a donné chaque jour de sa vie ces dernières années, pour dénoncer les violations des droits de l’homme en Turquie, en particulier les cas de torture dans les prisons du pays d’origine de ses parents.

Si je souhaite vous parler de Bahar, ce n’est pas uniquement parce que je connais sa famille et que je vois la souffrance qu’elle endure au jour le jour.
Avant-hier, sa maman a rencontré quelqu’un qui lui a dit qu’il espérait de tout cœur que Bahar reste toujours en prison et qu’il fallait être une bien mauvaise mère pour éduquer ses enfants à devenir terroriste.

Ses prisonniers et leurs familles ont besoin de votre soutien. Sur notre site internet, vous trouverez leurs coordonnées afin de leur écrire ; vous trouverez aussi un appel à venir réveillonner avec nous le 31 décembre, pour que ces familles ne se sentent plus seules.

Si je vais vous parler aujourd’hui de Bahar Kimyongur, ce n’est pas seulement pour remettre en place ceux qui présentent le Clea comme un groupuscule d’extrême gauche qui serait un paravent pour les terroristes.
D’abord, car adopter cette position, c’est faire peu de cas des syndicalistes, avocats, professeurs, politiciens, artistes qui travaillent depuis des mois avec nous.

Ensuite, parce que, réfléchir de la sorte, c’est donner du crédit à la vision simpliste qui présente la Turquie comme une belle démocratie et ceux qui s’opposent au régime d’Ankara comme de dangereux terroristes. Or, même si je ne connais pas très bien la situation dans cette partie du monde, la réalité apparaît comme bien plus complexe.

Attention, ce que je vais vous dire à présent, ce n’est pas une manière de vanter les mérites da la lutte des communistes en Turquie. Les faits que je vais énoncer maintenant ont pour but de vous montrer que de la même manière que l’Etat turc peut diffuser à grande échelle sa propagande, les opposants à ce régime ont le droit en Belgique, un pays se présentant comme une démocratie, de faire valoir leur arguments sans être traîner devant les tribunaux.

Je ne veux pas commencer à comparer les chiffres mais si selon, l’Etat turc, le DHKP-C serait responsable de 355 morts depuis 30 ans dans le pays; selon les opposants au régime turc, ce dernier a causé la mort de 60000 personnes depuis les années 70 (c’est-à-dire deux fois plus que la dictature de Pinochet). Le DHKP-C mène un travail politique au sein de différents milieux. Ce parti mène également–c’est un aspect de son action- une lutte armée ciblée -exclusivement sur le territoire turc- : il a éliminé des soldats, des tortionnaires, des maffieux, c’est vrai. Cette organisation ne s’est jamais attaquée à des civils. Dans toute l’histoire de ce parti, une seule fois, il y a eu trois morts civils, trois personnes innocentes sont mortes accidentellement et, depuis la Turquie, le DHKP-C a rédigé un communiqué d’excuses aux familles de ces victimes.

Bahar Kimyongur a traduit et diffusé en français ce communiqué. Bahar n’a rien à voir avec ces faits qui se sont produits à Istanbul et Bahar n’a pas rédigé ce communiqué. Pourtant, le tribunal de Gand se base essentiellement sur cette traduction pour prétendre que Bahar Kimyongur a revendiqué un attentat terroriste, qu’il est un chef terroriste. Vous pourrez trouver prochainement sur notre site ce communiqué. Si vous le lisez, je vous le garantis, vous serez à la fois émus par ce texte et choqués par les actes perpétrés, tant ce document témoigne de la violence qui règne en Turquie ; une violence d’Etat et une violence de la part de ceux qui s’opposent à cet Etat. Certaines personnes au Clea auraient sans doute souhaité que je n’aborde pas ce point aujourd’hui pour ne pas vous faire peur. Moi, je vous dis toute la vérité aussi horrible et difficile à entendre soit elle. La réalité de la Turquie, ce n’est pas les plages où les touristes belges vont passer leurs vacances, c’est un pays où les minorités sont opprimées ; où 3500 personnes, dont de nombreux journalistes, croupissent en prison pour leurs opinions ; où les fameux loups gris d’extrême droite organisent des lynchages de militants de gauche dans les rues. La situation en Turquie est extrêmement violente -bien loin de ce que nous présente l’Etat turc-, très différente de ce que nous vivons ici et donc très difficile à comprendre vue de Belgique, de toute manière impossible à juger dans l’enceinte d’un de nos tribunaux.

Alors, une bonne fois pour toutes, sachez que le Clea ne se positionne pas sur l’action du DHKP-C en Turquie; à la limite, cela ne nous intéresse pas. La seule chose que nous disons à ce sujet, c’est que les personnes défendant des points de vue critiques à l’encontre du régime turc, comme d’ailleurs à l’encontre de tout autre régime, ont le droit à la parole en Belgique, ces individus ne peuvent pas être traînés devant les tribunaux pour leurs opinions. Aucun des condamnés dans le procès de Gand, ni Bahar ni les autres, ne s’est vu reproché par le tribunal le moindre acte de violence, aucun des condamnés n’a commis d’actes violents. Ce qui leur est reproché, c’est leur appartenance supposée à une organisation agissant en Turquie. Imaginez qu’à l’époque de l’apartheid, des sympathisants de l’ANC, l’organisation de Nelson Mandela, soient condamnés en Belgique pour les actes commis par cette organisation en Afrique du Sud ; c’est tout à fait impensable.

Et bien aujourd’hui dans notre pays, une personne qui dénonce les violences de l’Etat turc et informe la population au sujet des actions de groupes d’opposition à cet Etat est condamné à 5 ans de prison ferme. A travers cet exemple, on comprend comment notre Etat reprend à son compte, pour faire traire des voix contestataires, la doctrine Bush de guerre mondiale contre le terrorisme, une doctrine qui permet actuellement de poursuivre des altermondialistes à Liège ; une doctrine qui a déjà condamné des militants de greenpeace au Danemark, une doctrine qui visent à faire passer des opposants politiques pour des bandits.

Il est nécessaire de dénoncer cette logique car, en démocratie, un point de vue qui ne plaît pas au pouvoir en place ne peut être muselé.

Je peux donc en venir maintenant à l’essentiel de mon intervention. Si je souhaite vous parler aujourd’hui de Bahar Kimyongur, c’est parce que Bahar est un symbole. Sa situation le dépasse : il est l’illustration dramatique de ce qui nous guette tous, de ce qui menacent tous les citoyens critiques dans ce pays.

Bahar a diffusé un point de vue critique à partir du bureau d’information du DHKC à Bruxelles pendant des années ; comme dans sa jeunesse, il a milité contre les injustices au sein d’Amnesty International ; comme il a participé au mouvement étudiant lorsqu’il était à l’ULB ; comme il a préféré manifesté tout l’été contre la guerre au Liban plutôt que de mobiliser pour sa propre défense. Comme le dit une motion de soutien de la FGTB, ce sont les actions non violentes d’un militant qui sont ici condamnées.

Bahar Kimyongur n’a commis aucun délit en Belgique, en Turquie ou ailleurs. Il a pris 5 ans ferme pour avoir exprimé un point de vue polémique et pour s’être organisé en conséquence. Il s’agit d’une attaque sans précédent contre la liberté d’expression et d’association car comme l’énonce l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme : « tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et le droit de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ».

Défendre Bahar, c’est protéger les droits et libertés de tous les citoyens. Avec un petit peu d’avance, Bahar, c’est nous. Voilà pourquoi le Clea se mobilise, pas parce que Bahar est notre ami ou pour soutenir une organisation turque : se battre pour la liberté de Bahar, c’est se battre pour notre liberté, ici, en Belgique.

En fait, tout semble permis, même les plus graves atteintes aux droits et libertés, quand on taxe quelqu’un de terroriste. Ainsi, en avril dernier, les plus hautes autorités politiques, policières et judiciaires du pays se sont réunies secrètement, sous la direction de Laurette Onkelinx, et en collaboration avec la police turque, pour organiser la livraison de Bahar Kimyongur via les Pays-Bas vers la Turquie. Heureusement, après 68 jours d’incarcération, la justice hollandaise a considéré que les faits reprochés à Bahar ne relevaient pas du terrorisme. Mais ce qu’il faut retenir de cette histoire, c’est que sous couvert de lutte contre le terrorisme, l’Etat belge est prêt à enfreindre ses propres lois. Il est en effet interdit en Belgique d’extrader ses propres ressortissants en plus, en l’espèce,  pour essayer de remettre Bahar entre les mains des tortionnaires dont il ne cessait de dénoncer les crimes.

Vous savez, l’action du Clea ne se base pas sur des idées préconçues. C’est à travers notre expérience que l’on s’est rendu compte des dangers des législations antiterroristes et des agissements les plus scandaleux des responsables de notre Etat. Ainsi, en dépit de 5 jugements successifs exigeant l’arrêt immédiat des traitements inhumains et dégradants à l’encontre des condamnés dans le procès DHKP-C, malgré une grève de la faim entamée depuis 41 jours par l’un de ces détenus, Musa Asoglu ; Laurette Onkelinx refuse que les fouilles anales systématiques des prisonniers prennent fin, elle refuse que l’on éteigne les lumières de 80 watts maintenues en permanence à la hauteur des visages des prisonniers pendant la nuit et elle refuse que l’on arrête de les réveiller toutes les demi-heures, elle refuse que l’on mette fin à l’isolement quasi-total ordonné à leur encontre.

Alors, il est facile pour la Belgique de donner des leçons en matière de droits de l’homme aux autres pays même aux Etats-Unis mais désolé, les pratiques de Guantanamo, c’est dans les prisons de Bruges et de Gand qu’elles sont à présent expérimentées.

L’affaire Kimyongur, c’est une affaire d’Etat comme le dit Josy Dubié, sénateur du parti Ecolo.

Aujourd’hui, si le Clea s’est permis de vous réunir, c’est pour compter nos forces, c’est pour mettre en place un projet ambitieux, qui va progressivement monter en puissance, autour de deux idées : Liberté pour Bahar et pas de traitements inhumains et dégradants dans les prisons en Belgique. J’ai essayé de vous montrer à l’instant que ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est la possibilité dans le futur de s’exprimer, de s’organiser et de contester en Belgique, que le cas de Bahar nous concerne tous. Dès lors, on a besoin de l’aide de tous pour obtenir gain de cause.

Vendredi, le Clea a organisé une conférence de presse. La maman de Bahar a interpellé, à cette occasion, deux journalistes de la RTBF en leur demandant d’écrire à Onkelinx pour qu’elle libère son fils. Un peu gênés, ils lui ont répondu tout bas que ce n’était pas leur rôle. Vous croyez que c’est mon rôle d’être ici aujourd’hui, je suis chercheur à l’ULB, je compare les politiques d’emploi en Belgique et en France. Au Clea, tout le monde prend du temps sur son activité professionnelle, sur ses loisirs car nous pensons que c’est un devoir de citoyen de se mobiliser autour du cas de Bahar. Je vois dans la foule des personnes qui viennent depuis des mois à nos activités, je vous lance un appel : aidez le Clea ; pour défendre nos droits et libertés, aidez nous à libérer Bahar. Chacun à sa façon mais aidez-nous.

On n’a pas le choix, les amis. En avant. En avant, nous allons maintenant manifester à travers les quartiers de Saint-Gilles afin d’exiger la liberté pour Bahar.


Le Clea est un collectif citoyen visant à promouvoir un débat critique sur les nouvelles législations antiterroristes. Le cas de Bahar Kimyongür est exemplaire à cet égard. En vertu de ces nouvelles dispositions, non seulement les libertés d'expression et d'association sont mises à mal mais, en plus, l'avenir d'un homme qui n'a commis aucun délit et comdamné aujourd'hui à cinq ans de prison ferme, est gravement compromis.  
 
 
 

autocollant
Bahar Kimyongür est un symbole
Il est le symbole des dangers que la lutte contre le “terrorisme” fait peser sur nos libertés

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Lire :

«Un citoyen belge livré pour des raisons électoralistes à un régime pratiquant la torture ?»

Consultez aussi :
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Actualité de Huxley
«(...) au moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques – élections, parlements, hautes cours de justice– demeureront mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu'ils étaient aux bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions (...) et de tous les éditoriaux mais (...) l'oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes
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