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:Ces
mots suffisent à la compréhension
du caractère répressif de l'isolement.
Parviendrez-vous à imaginer un lieu
où il n'y a personne à qui raconter
quoi que ce soit, même pas ses rêves ?
L’isolement ne peut être perçu
comme convenable pour l'humanité !
Aucune peine ne peut être aussi cruelle.
Personne ne peut parler d'humanité,
de droit, de justice, là où est
appliquée
une telle «peine». On ne peut
parler d'un système de peine convenable
lorsque les conditions font qu’on peut
oublier l'usage même de la parole. Je
m'adresse à ceux qui se disent contre
la grève de la faim qui dure depuis
plus de 6 ans, est-ce vivre que de subir de
telles conditions de détentions ?
Des conditions où on ne peut même
pas raconter ses rêves, où on
ne fait que respirer cliniquement, cela s'appelle-t-il
vivre ?
Aujourd'hui, j'en suis à mon
223ème jours de grève de la faim.
Je défends la vie avec ma faim depuis
223 jours. Depuis 223 jours je défends
les valeurs humaines au prix de ma vie. Je
sais qu’après cette grande résistance,
c'est l'humanité qui vaincra. J’en
appel à tous ceux qui m’entendent :
dressez-vous contre cette attaque indigne visant
l'humanité. Être contre, c’est
défendre l’humanité, notre
humanité.
Au 223ème jours de
ma défense de la dignité humaine,
ma santé est la suivante : baisse de
la réactivité oculaire, cécité de
l'oeil gauche, perte d’équilibre
en marchant, difficulté de se lever
du lit à cause de la sensation de grande
fatigue, déséquilibre du rythme
cardiaque, chute de tension, mal de tête,
sensation de brûlure sur les mains et
les pieds, déséquilibre du sommeil
[...] Je pèse 53 kilos. Tension : 125-75
fièvre : 36.2. Le 9 novembre, Zafer
Hakvar pour 7 jours, le 12 novembre Kerem Ulas
Dönmez,
Hakan Sahin, Ömer Yigit Ünal et Engin
Göçmen pour une journée
et Erhan Simsek pour 5 jours ont mené une
grève de la faim dans le but de soutenir
ma résistance. Je crois à la
force de l'humanité. Lever l'isolement
est entre nos mains, il suffirait que dans
cette lutte, nous nous tenions tous la main.
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