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Un seul pas suffirait pour arrêter le compteur macabre !
Avant son incarcération, Bahar Kimyongür avait lancé un appel urgent à la constitution d'une délégation internationale en Turquie en vue de sauver la vie de l'avocat des droits de l'Homme Behiç Asçi, en grève de la faim depuis plusieurs mois en protestation pour les conditions de détention de ses clients. Il fut écouté mais Maître Asçi se débat encore entre la vie et la mort. Faisons du geste généreux de Bahar une victoire : Soutenons sa campagne ! [Lire]

 


Un seul pas suffirait pour arrêter le compteur macabre
Bahar Kimyongür lance un appel urgent à la constitution d'une délégation internationale en Turquie en vue de sauver la vie de l'avocat des droits de l'Homme Behiç Asçi


«J'ai utilisé tous les recours légaux, participé à un nombre incalculable de manifestations afin de mettre fin à l'application de l'isolement carcéral. Aucun de mes procès, aucune de mes actions n'ont porté leurs fruits. J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir en tant qu'homme de droit. J'ai alors décidé d'entamer le jeûne de la mort, grève de la faim '
au finish', pour le droit à la vie dans un pays où le droit et la justice sont bafoués.»
Juriste Behiç Asci, Avocat du barreau d'Istanbul

 


Maître Behiç Asçi, avocat du Barreau d'Istanbul


Pour qu'un avocat en arrive à mettre fin à ses jours pour des raisons liées à l'exercice de sa profession, il faut sans doute qu'il soit arrivé à la conviction que son combat est sans espoir, que la justice pour laquelle il s'est battu est impossible, que plus rien ne peut être attendu de juste des autorités de son pays. Mais, s'il offre en même temps son geste à ceux dont la défense des droits humains a été sa cause, il faut aussi qu'il n'ait pas perdu sa confiance en l'être humain. Et c'est le cas…

Son nom est Behiç Asçi. Vous l'aurez sans doute deviné, cet avocat est Turc et ce qu'il entend dénoncer par son acte désespéré, c'est le sort réservé par les autorités de son pays à ses clients, des centaines de prisonniers politiques soumis à une répression douce et brutale à la fois.

Behiç Asçi est un homme de droit généreux et d'un grand humanisme. Il est urgent d'agir en vue de sauver sa vie ! Des milliers de prisonniers politiques qui périssent dans les prisons de Turquie ont besoin de lui.

Au nom du droit à la vie et du respect de la dignité humaine, j'appelle tous les démocrates belges et européens à se rendre en Turquie –mieux encore, à constituer une délégation internationale– afin de contribuer activement à la résolution du conflit dans les prisons, avant qu'il ne soit trop tard pour Maître Behiç Asçi, c'est-à-dire avant que le compteur macabre n'indique le chiffre 123.

Bahar Kimyongür

Pour toute information veuillez me contacter au : + 32 486 846 170 ; ou par email à <bahar_kimyongur@yahoo.fr>

Il est bien triste qu'un pays bâtisse sa réputation sur le bilan macabre de ses prisons. Force est de constater que, pas une seule fois dans son histoire la république de Turquie n'a failli à cette règle.

On a tous sans doute entendu parler de l'illustre poète communiste Nazim Hikmet, qui passa 13 années de sa vie en prison en raison de ses écrits considérés comme "subversifs".

Plus tard, les coups d'État perpétrés en 1960 mais surtout en 1971 et 1980, contribueront à faire exploser le nombre de détenus politiques. Aujourd'hui, malgré toutes les réformes entreprises par le gouvernement actuel dans la perspective de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, le nombre de détenus pour des raisons politiques, se compte encore et toujours par milliers.

Ces prisonniers étaient naguère parqués dans de grandes chambrées peu confortables soumises aux assauts répétés de l'armée. Malgré leur insalubrité, ces dortoirs permettaient néanmoins aux détenus de développer des liens solidaires et affectifs, de s'accompagner dans la détresse, de se protéger en cas de raids militaires et même d'être représentés dans les négociations avec les autorités pénitentiaires. Jusqu'au jour où l'État décida de mettre fin à la vie collective en milieu carcéral, en instaurant un régime généralisé d'isolement, pour "reconquérir les prisons" prétendument "tombées aux mains des organisations terroristes" et "s'adapter aux normes européennes".

Contre ce projet de mise à isolement, les prisonniers politiques déclenchèrent une grève de la faim générale en la date du 20 octobre 2000. Leurs craintes se fondaient sur deux dangers : celui de souffrir de désocialisation et de dépersonnalisation par privation sensorielle (torture blanche) mais aussi d'être à la merci des matons.

Cependant, deux mois après le début de leur mouvement de protestation et contre toute attente de l'opinion publique peu à peu gagnée à la cause légitime des détenus, le 19 décembre 2000 très exactement, pas moins de 10.000 soldats assiégèrent 21 prisons pour déloger les détenus et les déporter vers les nouvelles prisons de haute sécurité, dites "de type F" qui à l'époque étaient encore en chantier.

L'opération militaire synchronisée du 19 décembre baptisée cyniquement "Retour à la vie" se solda par l'assassinat atroce de 28 détenus dont 6 femmes brûlées vives dans la seule prison de Bayrampasa. Sans compter les plus de 1000 blessés, notamment par viol à la matraque, femmes et hommes confondus.

Suite à ce massacre, le nombre de grévistes de la faim qui poursuivirent leur "jeûne jusqu'à la mort" se multiplia malgré leur confinement, notamment pour démentir les allégations des autorités selon lesquelles les détenus étaient contraints par leurs camarades d'observer le jeûne.

Le nombre de victimes a atteint un bilan effroyable : après 6 ans de jeûne, 122 détenus et leurs proches ont perdu la vie tandis que plus de 600 grévistes de la faim ont contracté le syndrome irréversible de Wernicke-Korsakoff du fait d'avoir été nourris voire médicalisés de force sur ordre du ministre turc de la santé, après un jeun prolongé. Cet état résulte en effet d'une carence aiguë en thiamine (vitamine B1) provoquée par le jeûne prolongé ; comme la thiamine participe au métabolisme du glucose (sucre), toute activité demandant la métabolisation du glucose sans fournir de thiamine (comme le fait d'être obligé à s'alimenter brusquement après un jeûne prolongé) peut entraîner un syndrome de Wernicke-Korsakoff (1).

Plutôt que d'apporter une solution au conflit, l'Etat turc a tantôt opté pour la répression et le châtiment à l'encontre de toute forme de solidarité avec les détenus grévistes, tantôt essayé de l'ignorer en imposant le black-out et la censure.

Par exemple, à partir du 1er juin 2005, date de la ratification du nouveau code pénal, l'État pouvait désormais poursuivre et condamner les journalistes évoquant l'hécatombe des détenus et ce, de trois à huit ans de prison, en vertu de l'article 84 dudit code, sous prétexte "d'incitation publique au suicide" et, en vertu de l'article 298, pour "incitation à la grève de la faim par la publication d'informations sur les prisons."

Entre-temps, les mauvais traitements se poursuivaient loin des regards indiscrets et ce, sans épargner les prisonniers de droit commun. Ainsi, comme le dénonce l'avocat Behiç Asçi : 13 détenus de droit commun de la prison de type F de Kiriklar à Izmir ont été attachés en "nœud de porc" (bras attachés aux jambes dans le dos). Tous les détenus soumis à un isolement de longue durée souffrent aujourd'hui, à des degrés divers, de troubles hallucinatoires, d'acouphènes, de desquamation, de chute de cheveux, de troubles de la vue, de dyslexie, de paranoïa voire de tendances suicidaires.

Par ailleurs, en prison de type F, l'accès aux journaux et le droit de visite sont arbitrairement limités voire interdits.

La situation en prisons de type F est telle que les prisonniers politiques continuent leur action de grève de la faim jusqu'au-boutiste, paradoxalement par instinct de survie, face au danger de dépérissement physique, intellectuel et affectif qu'ils encourent.

Mais que demandent-ils au juste ?
Dans un entretien qu'il a accordé à la revue mensuelle "Yeni Harman" du mois de septembre (n° 98, pp. 10-12), l'avocat Behiç Asçi précise : «Mes clients ne demandent pas le retour au système des dortoirs; juste à pouvoir entendre la voix d'autres êtres humains».

Et lorsque le journaliste lui demande sous quelles conditions il serait prêt à arrêter sa grève de la faim, il répond ceci :

«Nous n'avons aucune limite minimale. Le ministre de la justice déclarait de manière démagogique que les détenus en demandent trop. Nous lui avons répondu que nous n'avons pas de revendication achevée et définitive. Si le ministre accepte le rassemblement de 5 ou 6 détenus (par cellule), nous serions prêts à réfléchir à la proposition.
«Nous avons considérablement réduit nos doléances. Nous sommes prêts à accepter que les détenus ne se rencontrent que durant la journée.
«(…) Pour mes clients et moi-même, il y a deux points essentiels : que le ministre reconnaisse que le régime d'isolement constitue un problème et qu'il propose une formule à négocier.»

Un seul pas de la part du gouvernement suffirait à faire cesser l'hécatombe !

Même les bâtonniers des plus grands barreaux du pays soutiennent Maître Asçi, dénoncent l'isolement carcéral en tant que traitement inhumain et appellent le ministre de la justice à respecter la vie et la dignité des détenus. Ils sont eux-mêmes relayés par des centaines de médecins, de professeurs, de romanciers, de comédiens, de syndicalistes, de musiciens et de poètes…

Est-ce par conséquent trop demander que de rendre les prisons de type F plus humaines et plus vivables ?

Est-ce si excessif que de demander le respect du droit à la vie pour Behiç Asçi et les prisonniers qu'il défend en homme de droit, avec courage et abnégation ?

Combien de morts faudra-t-il encore avant que l'État turc n'apprenne la langue du compromis, de la justice, de la démocratie, des droits de l'Homme ?

Action urgente
Avant que l'Etat turc ne commette un énième crime irréparable, la communauté internationale a le devoir d'agir de manière urgente.

Maître Behiç Asçi ainsi que ses collègues et amis attendent des instances humanitaires internationales une intervention auprès des autorités turques les enjoignant à entamer un dialogue avec les prisonniers politiques par le biais d'organismes indépendants ou de personnalités du monde politique, académique ou littéraire.

Au nom du droit à la vie et du respect de la dignité humaine, je convie tous les démocrates belges et européens à se rendre en Turquie –mieux encore, à constituer une délégation internationale– afin de contribuer activement à la résolution du conflit dans les prisons avant qu'il ne soit trop tard pour Maître Behiç Asçi, c'est-à-dire, avant que le compteur macabre n'indique le chiffre 123.

Bahar Kimyongür

Bruxelles, Octobre 2006


Pour toute information supplémentaire, veuillez me contacter au :

00 32 486 846 170 ; email: <
bahar_kimyongur@yahoo.fr>
Ou contactez directement l'avocat Behiç Asçi.
ADRESSE: Sisli Abide-i Hürriyet Cad. No: 133-135 Pay Apt. Sisli-Istanbul
email: <
avukatbehic@gmail.com>
Tel: +90 212 343 46 33



Note
(1) C'est par ailleurs la raison pour laquelle l'alimentation forcée d'un gréviste de la faim est interdite par les Déclarations de Tokyo et de Malte de l'assemblée médicale mondiale.


Le Clea est un collectif citoyen visant à promouvoir un débat critique sur les nouvelles législations antiterroristes. Le cas de Bahar Kimyongür est exemplaire à cet égard. En vertu de ces nouvelles dispositions, non seulement les libertés d'expression et d'association sont mises à mal mais, en plus, l'avenir d'un homme qui n'a commis aucun délit et comdamné aujourd'hui à cinq ans de prison ferme, est gravement compromis.  
 
 
 

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Actualité de Huxley
«(...) au moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques – élections, parlements, hautes cours de justice– demeureront mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu'ils étaient aux bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions (...) et de tous les éditoriaux mais (...) l'oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes
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