Luk Vervaet a dit non et c’est grâce à des citoyens comme lui que l’État belge a été condamné pour traitements inhumains et dégradants dans cette affaire.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que Luk Vervaet est un militant politique qui s’exprime, qui s’organise, qui conteste.
Aujourd’hui, sur un sujet qu’il connaît très bien, Luk Vervaet s’indigne de la surpopulation carcérale. C’est son droit : c’est ça la liberté d’expression. Il ne s’agit pas d’une menace pour la sécurité publique : Luk Vervaet exprime simplement ses opinions.
Mais plutôt que de dialoguer avec lui, d’argumenter, on l’exclut. Comme ce qu’il dit n’arrange pas l’administration pénitentiaire, on lui interdit l’entrée des prisons. C’est inadmissible car c’est dangereux pour la démocratie.
Pourquoi des démocrates, des professeurs d’universités, des associations soutiennent Luk Vervaet? Parce qu’il a le droit d’exercer son métier dans les prisons et il a le droit de dire ce qu’il pense, même et surtout si ses propos dérangent.
Le cas de Luk Vervaet est un cas d’école. Dans notre pays, on assiste à une criminalisation accrue des militants. Sous prétexte de guerre contre le terrorisme ou de lutte contre la criminalité, de plus en plus de contestataires sont bâillonnés. C’est le cas de Greenpeace accusé par Electrabel d’être une association de malfaiteurs. C’est le cas de la journaliste Wahoub Fayoumi, présentée comme une terroriste. C'est le cas aujourd'hui de Luk Vervaet.
Réfléchissez un instant au fait qu’on ne doit pas être un terroriste pour admettre, avec Luk Vervaet, que le peuple palestinien a le droit de résister au terrorisme d’État israélien.
Et il n'est pas nécessaire d' être un islamiste radical pour admettre, comme Luk Vervaet, que Nizar Trabelsi ne doit pas être extradé vers les États-Unis où il risque la torture.
On ne menace pas la sécurité publique quand on réclame une certaine sécurité d’existence pour les prisonniers. Luk Vervaet ne menace pas la sécurité publique quand il dénonce les conditions de détention intolérables dans les prisons du pays. Au contraire, il fait œuvre de démocratie.
Le citoyen belge doit s’intéresser à cette affaire car elle questionne en réalité la démocratie, la liberté d’opinion dans notre pays.
Daniel Flinker
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