Le procureur Delmulle, secondé par l'avocat Vinck (représentant l'Etat turc), s'est obstiné à dépeindre la Turquie comme un Etat démocratique. Symétriquement, il a présenté le DHKP-C et les militants propageant, en Belgique, les idées de cette organisation marxiste turque, comme des terroristes.
A l'inverse, la Défense a démontré qu'en Turquie, face au terrorisme d'Etat, le DHKP-C mène une lutte d'opposition radicale, de résistance face à l'oppression.
Bahar Kimyongür et Musa Asoglu, qui diffusaient une information critique sur la situation en Turquie à partir de Bruxelles, ne peuvent donc pas être assimilés à des terroristes. Il s'agit, au contraire, de citoyens qui ont exercé leurs libertés d'expression et d'association, en respectant le cadre légal belge.
Le problème dans cette affaire, c'est que ces arguments contradictoires ne sont pas avancés lors d'un large débat public (indispensable pour ceux qui souhaitent comprendre ce qui se passe en Turquie) mais dans l'enceinte d'un tribunal.
Dès lors, si la Cour d'appel de Bruxelles condamne les militants poursuivis (à l'encontre desquels l'Accusation réclame jusqu'à dix ans de prison), les idées politiques critiques pourront désormais être considérées comme criminelles dans notre pays.
Le jugement qui sera prononcé le 14 juillet 2009 par la Cour d'appel de Bruxelles est donc de la plus haute importance. Il permettra, ni plus ni moins, de connaître l'état de la démocratie en Belgique.
Le CLEA tient à remercier chaleureusement les centaines de personnes qui sont passées à un moment de la semaine au tribunal pour soutenir Bahar Kimyongür et ses co-inculpés.
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