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«Un amour sans faille pour l’Autre»

Hommage du Clea à Mindla Broder (nom de combat : Juliette Pierre)
par Bahar Kimyongür

Avec Juliette, jusqu’à la victoire
En tant que mère et grand-mère dévouée de deux valeureux camarades du CLEA, Juliette Mindla Broder était en quelque sorte notre doyenne, peut-être même notre arme secrète. Elle s'est éteinte mercredi 2 décembre 2009 à l'âge de 84 ans. Native de Gora Kalwaria en Pologne, cette petite femme d'origine juive est arrivée en Belgique dans les bras de sa mère alors qu'elle n'était âgée que d'un an. Son père ne les rejoindra dans notre pays qu'après s'être évadé d'une prison polonaise où il était incarcéré pour avoir organisé des actions ouvrières. Car ses parents, en plus d'être Juifs, avaient le “malheur” d'être également communistes, deux identités qu'il n'était pas aisé de porter en des temps et des lieux aussi sinistres.

juliette et les jeunes
Lors d'une visite rendue à Juliette en 2008 par des antifascistes turcs à la Maison de repos dite “Maison des Aveugles”, Porte de Hal à Bruxelles

D’ailleurs, lorsque les troupes hitlériennes envahirent la Belgique , c'est tout naturellement que Juliette et ses parents firent le choix sublime et fou d'entrer en résistance. Juliette avait à peine 15 ans lorsqu'au péril de sa vie, elle sillonnait les rues de Charleroi en portant missives, faux papiers et colis, pour venir en aide aux familles juives et aux résistants communistes.

Dans cette «Armée de l'Ombre» qui affronta le fascisme et libéra notre pays, il y avait donc aussi les mains frêles et le coeur ardent de cette vaillante combattante de la lumière dénommée Mindla Broder, nom de guerre «Juliette Pierre».

La guerre une fois finie, Juliette n'enterre pas ses idéaux pour autant.

Elle participe de manière active au soulèvement populaire qui ébranla la Belgique après l'annonce du retour de Léopold III, le roi exilé qui capitula et se soumit à l'Allemagne nazie.

Juliette travaillera de longues années dans les supermarchés bruxellois où elle organisera la lutte syndicale contre les mesures d’austérité des gouvernements de droite, notamment contre celui de Gaston Heyskens lors de la fameuse grève de 1960.

En 1963, sa franchise et son honnêteté intellectuelle lui vaudront d'être exclue du Parti communiste belge (PCB).

Mais malgré cette rupture radicale avec le «Parti des fusillés», ses convictions communistes demeureront intactes.

Dix ans plus tard, elle rejoint un noyau de jeunes militants qui formeront en 1979 le Parti du travail de Belgique (PTB). Grâce à son immense expérience sociale, ses connaissances historiques du mouvement ouvrier belge et ses qualités pédagogiques et humaines, Juliette occupera des postes dirigeants au sein du PTB jusqu'à ce qu'un banal accident domestique survenu en 2007 ne la condamne à l’enfermement en maisons de retraite et en centres hospitaliers.

Nous eûmes l’occasion de nous croiser dans les années 90 à l’époque où je militais dans le mouvement des étudiants du PTB.

Avec son jargon politique tiré des pages jaunies de nos «œuvres complètes», sa prestance assurée, son verbe tranchant, sa discipline d’acier et son extrême ponctualité, Juliette avait une sacrée dégaine de bolchevik qui suscitait mon admiration.

J’écoutais chacun de ses récits sur les conditions de vie avant, pendant et après la guerre, la Résistance , les grèves ouvrières, le Parti communiste, l’URSS ou encore la décolonisation avec un appétit vorace. En mai 1999, avec mes camarades turcs, nous avons eu l’honneur et le plaisir d’avoir Juliette pour guide lors d’une visite du Fort de Breendonk.

Ce fut, pour nous, une expérience inoubliable que d’avoir arpenté ce camp infernal en sa compagnie ainsi que les souvenirs qu’elle garda du témoignage de ses camarades survivants.

breendonck
Au Fort de Breendonk en 1999 dans le cadre d'une visite d'antifascistes anatoliens effectuée le jour d'anniversaire de la Libération

Juliette fait partie de cette formidable famille humaine qui cultive un amour sans faille pour l’autre. D’ailleurs, bien qu’étant d’une culture yiddish, Juliette n’a jamais éprouvé la moindre sympathie pour l’État sioniste qui, selon elle, usurpait le sang et la mémoire des martyres juifs d’Europe. À l’inverse, elle ne manquait pas une seule occasion pour revendiquer son attachement à la cause palestinienne et ce, même parmi les pensionnaires et le personnel de la maison de repos qui fut sa dernière demeure de son vivant.

Nous avons eu, ma famille, mes camarades et moi, l’honneur et le privilège de la rencontrer à plusieurs reprises durant cette ultime étape de sa vie.

À chaque visite, nous fûmes bouleversés par le contraste entre la nonchalance de l’établissement et la fougue de notre petite résistante. Elle qui connaissait le sens du mot «liberté» pour l’avoir décliné toute sa vie, sous toutes ses formes et en tout endroit, n’était pas du genre à se laisser envahir par la monotonie des murs ni à se soumettre à la chaise roulante, aux bombonnes d’oxygène qu’elle traînait comme des boulets aux pieds et aux médicaments infects qui lui avaient ôté toute sensation de goût et tout appétit.

Fidèle à elle-même, elle a fini par s’évader de son corps épuisé pour venir perpétuer ses combats dans nos cœurs et nos esprits.

Fidèle à elle-même, elle nous a quittés dans la semi clandestinité, sans réclamer ni la gloire, ni les larmes, ni l’orgue, ni la prière aux agonisants…

 
Merci à toi Juliette de nous avoir donné tant d’amour, de courage et d’espoir.

Merci à toi Juliette de nous avoir fait goûter l’air des lendemains qui chantent.

Bruxelles, le 9 janvier 2010

Bahar Kimyongür


 


Le Clea est un collectif citoyen visant à promouvoir un débat critique sur les nouvelles législations antiterroristes. Le cas de Bahar Kimyongür est exemplaire à cet égard. En vertu de ces nouvelles dispositions, non seulement les libertés d'expression et d'association sont mises à mal mais, en plus, l'avenir d'un homme qui n'a commis aucun délit, menacé aujourd'hui de dix ans de prison ferme, est gravement compromis.  
 
 

«Ne dites pas à ma mère que je suis militant, elle croit que je suis terroriste»
par Edgar Szoc, Secrétaire général de la Ligue des droits de l'Homme [Lire]


Actualité de Huxley

«Par le moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques – élections, parlements, hautes cours de justice– demeureront mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu'ils étaient aux bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions (...) et de tous les éditoriaux mais (...) l'oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes


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