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Un seul pas suffirait pour arrêter le compteur macabre !
Avant son incarcération, Bahar Kimyongür avait lancé un appel urgent à la constitution d'une délégation internationale en Turquie en vue de sauver la vie de l'avocat des droits de l'Homme Behiç Asçi, en grève de la faim depuis plusieurs mois en protestation pour les conditions de détention de ses clients. Il fut écouté mais Maître Asçi se débat encore entre la vie et la mort. Faisons du geste généreux de Bahar une victoire : Soutenons sa campagne ! [Lire]

 


«La résistance est une réponse au terrorisme»
Plaidoirie à la Cour d’appel - Anvers, le 20 novembre 2007
[Vidéo amateur - extrait]                                             nl

Anvers


Madame et Messieurs les juges,

Comme le Parquet fédéral et la partie civile, je vais moi aussi énoncer mes arguments pour la troisième fois.

Comme en première instance à Bruges et à la cour d’appel de Gand, je reste profondément choqué par l’interprétation unilatérale et sélective des parties accusatrices qui représentent respectivement l’Etat belge et l’Etat turc.

M. le procureur fédéral fait de moi un dirigeant du DHKP-C selon un procédé déloyal qui consiste à retenir l’une ou l’autre prétendue « preuve accablante » qui ne sont somme toute que des paroles et ce, en se gardant bien d’évoquer l’ensemble et le contexte dans lesquels celles-ci ont été exprimées. Ce procédé porte un nom : le mensonge par omission.

Qui plus est, mes déclarations concernant les faits qui se sont déroulés en Turquie ainsi que l’interprétation que M. le procureur fédéral en fait ne sont pas du tout représentatives de ma réelle personnalité et galvaude la nature de mon activité politique.

Je vais à présent, démonter un à un, les arguments avancés par M. le procureur fédéral.

Sur ma prétendue « croissance » dans l’organisation
Madame et Messieurs les juges, vous me le concéderez : je ne peux pas avoir grandi dans l’organisation puisque lorsque j’ai rencontré celle-ci, j’étais déjà adulte, majeur et vacciné.

Contrairement à mes co-inculpés, je suis né à Bruxelles, j’y ai grandi, étudié, travaillé, milité, je m’y suis marié et désormais, en raison du mandat d’arrêt international lancé par le régime d’Ankara qui m’empêche de me déplacer vers l’étranger, probablement, j’y rendrai l’âme.

Je connais et fréquente le bureau d’information du DHKC de Bruxelles depuis son ouverture en été 1995.

1995 est une année où le nombre des tortures, des exécutions extrajudiciaires, des dépeuplements de village par l’armée et des enlèvements par les services secrets turcs, était particulièrement élevé. La terreur de l’Etat turc contre toute personne qui ne se mettait pas au garde-à-vous et ne se soumettait pas à la monstrueuse devise « une seule nation, une seule langue, une seule patrie, un seul drapeau » m’indignait profondément.

Que dire, Madame et Messieurs les juges, si ce n’est qu’il faut vraiment avoir vu, entendu et senti le militarisme, le chauvinisme et le revanchisme qui dominent et écrasent la société turque pour comprendre les raisons de mon engagement pour les droits de l’Homme et la démocratie. Le traumatisme suscité par la militarisation des esprits distillé par le pouvoir a poussé des millions de citoyens turcs à militer dans les mouvements de gauche.

Moi-même, je me suis spontanément mis à traduire de l’information concernant la répression en Turquie au bureau d’information du DHKC sans avoir dû me soumettre à la moindre hiérarchie de ce mouvement.

Les années 1997-1999, période incriminée qui nous intéresse, sont précisément les années où le DHKP-C a encouragé la création d’assemblées populaires (Halk Meclisi) pluralistes et la promotion d’une Constitution populaire (Halk Anayasasi) imprimée à près d’un demi million d’exemplaires, une Constitution applaudie ou du moins appréciée par la plupart des forces démocratiques du pays. Ces années-là, ce sont essentiellement des informations concernant ce genre d’initiatives démocratiques et légales que j’ai traduites.

En avril 1997, j’ai rédigé un rapport sur la Turquie intitulé : « Les atteintes aux Droits de l’Homme en Turquie (1996) » et publié par le bureau d’information du DHKC qui à l’époque, était située dans la Chaussée de Louvain. Avec le développement du réseau Internet, mon journalisme imprimé s’est peu à peu transformé en journalisme électronique.

Durant plus de dix années de médiactivisme, je n’ai jamais suscité la désapprobation ni même l’attention de quelque autorité publique que ce soit. Mon activité informative relevait du militantisme de bon aloi et ce, jusqu’en 2004, c’est-à-dire jusqu’à ce que le régime d’Ankara multiplie ses pressions diplomatiques et jusqu’à ce que deux journalistes me soumettent à un interrogatoire dont le Parquet fédéral allait se servir pour me traîner en justice.

Jusqu’en 2004, même Madame Onkelinx, ministre de la justice, avait déclaré que l’activité de ce bureau d’information était légale et garantie par la Constitution belge.

De 2000 à 2007, je n’ai cessé d’œuvrer à la médiation entre le ministère turc de la justice et les prisonniers du DHKP-C en grève de la faim contre leur régime d’isolement.

Même durant ma détention à la prison de Gand, j’ai continué ce travail de médiation comme l’atteste le courrier que m’a adressée Madame Onkelinx dans lequel elle s’engage, sur ma demande, à contacter M. De Gucht pour « tirer au clair la problématique » (des exactions dans les prisons turques de type F, cf. N réf : LO/LB/SW/jl/2007-3/4072).

Après mon transfert à la prison de Nivelles, j’ai fait paraître un droit de réponse dans l’édition du 10 avril 2007 du quotidien De Standaard, adressé à M. Filip Verhoest suite à un article infamant qu’il a écrit à mon encontre.

A ma sortie de prison, j’ai également envoyé, dans les règles de la bienséance, une lettre ouverte à l’attention de M. Fuat Tanlay, ambassadeur de Turquie en Belgique, lui-même représentant du régime que je dénonce depuis près de douze ans.

Je pense que ces exemples suffisent à démontrer que mon militantisme et ma conduite n’ont rien de subversif ni de terroriste.

Par ailleurs, contrairement à ce qu’affirme M. le Procureur fédéral sur base d’un procès-verbal dressé par un agent de quartier, je n’ai jamais résidé au bureau d’information du DHKC. Aucun contrat de location ne me lie à ce bureau et si j’ai déclaré y vivre, c’est uniquement pour protéger ma vie privée et mon intimité de possibles harcèlements policiers.

A l’aune de ces indications, je puis formellement affirmer que ma traduction de communiqués relatifs à l’action armée du DHKP-C ne constitue qu’un détail infime de ma militance et surtout que je n’ai pas « grandi » ni « monté les échelons » dans le DHKP-C puisque j’ai toujours été à ma place et toujours accompli la même mission, une mission que l’on ne m’a pas donné mais une mission dont je me suis spontanément investi selon mes aptitudes. Personne ne m’a chargé de cette fonction. Personne ne m’a récompensé ni rémunéré pour cette fonction.

Je ne puis être un membre du Parti, le DHKP, puisque je n’agis pas dans la clandestinité ni n’exerce une autorité sur des militants de ce mouvement. Je rappelle que traduire et diffuser un communiqué par Internet ne nécessite pas d’avoir des « galons ». Grâce à la technologie de la communication, n’importe quel quidam installé devant son ordinateur peut faire exactement la même activité informative que la mienne sans que cela ne nécessite l’aval d’un quelconque comité central.

De même, je ne puis être un membre du Front, le DHKC, puisque je ne partage le modus vivendi ni le courage des militants du DHKC. Comme le mentionne M. le Procureur fédéral, il n’est pas aisé d’en devenir membre. Par conséquent, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que je n’adhère pas au DHKP ni au DHKC. Je me considère moi-même comme un sympathisant.

Sur mon prétendu rôle de dirigeant d’un camp de jeunes
Si en 1997, je n’étais qu’un dilettante politique, comment aurais-je pu diriger un camp de jeunes, alors qu’à l’époque, je parlais à peine la langue turque ? Je pouvais tout au plus traduire des écrits non sans difficultés. En revanche, ma langue maternelle étant l’arabe et mon instruction ayant été toujours en français, j’étais à l’époque incapable de tenir un discours en turc. En 1997, je ne parlais qu’un turc approximatif, un turc insuffisant pour, comme le prétend le Parquet fédéral, « diriger un camp de formation pour jeunes révolutionnaires ».

A moins que M. le Procureur fédéral veuille parler d’un camp de vacances qui cultive le scoutisme de gauche avec guitare et farandoles comme semble l’indiquer une photo du camp parue dans « Le Soir » du 30 avril 2007 ? Ce fameux camp de vacances où j’ai rencontré la jeune femme qui allait devenir mon épouse. Quand bien même j’aurais été le moniteur principal de ce camp de vacances, cela ne constitue en soi aucunement un acte délictueux.

Sur mon prétendu caractère violent
Dans le dossier, il n’apparaît nulle part que j’aie à un moment de mon existence, recouru à la violence pour imposer mes idées.  Je ne m’étendrai pas sur l’ajout au dossier pénal d’une photo où l’on me voit épauler un bazooka dans un camp palestinien au Liban lors d’une commémoration officielle du 20e anniversaire du massacre de Sabra et Chatila. Le recours à ce genre de manipulations révèle combien l’acte d’accusation du Parquet fédéral est pauvre et ridicule. A cette manipulation, j’ai déjà répondu le 15 septembre dernier, via certains quotidiens flamands (notamment De Morgen) et francophones (notamment le Soir).

En tant que militant politique, j’ai toujours attaché de l’importance au débat, à la polémique, à la confrontation des idées et ai toujours réprouvé la confrontation physique.

Bien entendu, cela ne veut pas dire que je condamne toute violence des opprimés. A l’instar du Mahatma Gandhi, dans une situation d’oppression extrême, « s’il fallait faire un choix entre la lâcheté et la violence, je choisirais la violence ». Cette violence-là, c’est de la « résistance », une notion selon moi incompatible avec le « terrorisme ». La résistance est précisément une riposte au terrorisme, en l’espèce, au terrorisme de l’Etat turc.

La distinction entre « terrorisme » et « résistance » est aussi antinomique que les termes « violence » et « contre-violence ».

A l’inverse des allégations de M. le procureur fédéral, je considère que le DHKP-C ne pratique pas la violence mais la contre-violence. Il ne faut certainement pas être un marxiste-léniniste attitré pour saisir que l’existence d’un tel mouvement en Turquie n’est que le résultat du terrorisme de l’Etat turc. Dans un pays où le communisme a été légalement interdit dès la fondation de la république de Turquie (cf. article 141 et 142 du Code pénal turc remplacé en 1991 par la loi antiterroriste), où l’idéologie officielle a laminé toute expression nationale, philosophique, culturelle, religieuse minoritaires et principalement socialiste et communiste, il aurait été fort naïf de penser que l’émergence et la pugnacité de la gauche révolutionnaire fut accidentelle.

Prenons les années 20. Quinze dirigeants du Parti communiste de Turquie (TKP) dont le secrétaire général Mustafa Suphi qui rallièrent la lutte de libération nationale sur appel d’Atatürk, ont été massacrés par les hommes de main de ce dernier la nuit du 20 au 21 janvier 1921 dans leur embarcation avant même qu’ils ne puissent atteindre les rivages de l’Anatolie. En 1925, la Grande assemblée nationale vote la Loi du maintien de l’ordre (takrir-i sükun) qui octroie au gouvernement le pouvoir de poursuivre et d’interdire tout organisme jugé réactionnaire. Dans la foulée, le premier ministre Ismet Inönü installe deux Tribunaux d’Indépendance (Istiklal Mahkemeleri) l’un à Ankara, l’autre dans les régions kurdes, théâtre d’insurrection à caractère religieux : 48 dirigeants kurdes sont condamnés à mort et exécutés. Sous prétexte de défendre et d’encourager la rébellion kurde, les partis et la presse de gauche sont eux aussi impitoyablement poursuivis. Ce climat de terreur contraint les militants socialistes et communistes à entrer en clandestinité. Les décennies suivantes, ce maccarthysme avant la lettre va se poursuivre et même se renforcer.

Prenons la période du coup d’état de 1980 mené sur ordre des Etats-Unis : des militants ont été fusillés, pendus, torturés à mort. Des milliers de détenus ont été forcés de chanter des hymnes militaires, de réciter des discours nationalistes, ont été violés ou obligés de manger des excréments humains et même du vomi. Dans un enfer pareil, est-ce si étonnant que des citoyens turcs s’engagent par milliers dans des mouvements révolutionnaires ?

Prenons la Turquie actuelle. Le 13 novembre dernier s’est ouvert en Turquie le procès de 89 militants qui ont légitimement lutté contre la violence des réseaux maffieux et des trafiquants de drogue dans leur quartier. Ces militants incarcérés depuis 11 mois et soupçonnés d’appartenance au DHKP-C risquent une condamnation totale de plus de 10.000 ans de prison. Par ailleurs, 17 associations et une fédération démocratiques et légales sont menacées de fermeture dans le cadre de ce procès. En outre, la majorité des prisonniers politiques et des journalistes emprisonnés sont pro-kurdes ou de gauche. Les seules manifestations pacifiques où les forces de sécurité usent de violence sont des manifestations pro-kurdes ou de gauche. Les seules associations saccagées et fermées par les autorités sont pro-kurdes ou de gauche. La majorité des cas de tortures concernent des activistes pro-kurdes ou de gauche.

Je pourrais énumérer des milliers de raisons éclairant la contre-violence comme actes d’autodéfense, de légitime défense en Turquie. Cela ne fait pas de moi quelqu’un de violent, de dangereux, d’infréquentable ou de condamnable.

Sur mes prétendues revendications télévisées
M. le Procureur fédéral affirme, images à l’appui que j’aurais justifié des actions violentes attribuées au DHKP-C lors de l’émission « Au nom de la loi » de janvier 2001 retransmise sur la chaîne de télévision publique RTBF. Petit détail qui a son importance : c’était là, la première interview que je donnais de ma vie à partir du bureau d’information et à propos du conflit en Turquie. Par son insistance et ses questions inquisitrices, le journaliste Michel Hucorne m’a indéniablement poussé à l’erreur. Je pensais que M. Hucorne allait exclusivement me poser des questions sur la situation dans les prisons turques. Il n’en fut rien. Enregistrée le 19 décembre 2000, cette interview coïncidait avec l’assaut de l’armée sur vingt prisons turques, assaut qui coûta la vie à 28 détenus politiques. Au moment où je répondais aux questions du journaliste, de nombreux amis, des amis comme je n’en avais jamais connus, des amis dotés d’un humanisme extraordinaire, agonisaient sous les balles et les bombes de l’armée turque. J’étais moi-même la cible d’une intense campagne de lynchage médiatique dans la presse turque pour avoir chahuté de manière non violente le ministre turc des affaires étrangères au Parlement européen le 28 novembre 2000. J’en étais aussi à mon 46e jour de grève de la faim. A bout de force, écoeuré par la bassesse et la barbarie du gouvernement turc qui avait promis un règlement pacifique ou du moins un report du problème des prisons, il en fallait très peu pour m’irriter…

Quoi qu’il en soit, mes propos d’alors ne peuvent pas être retenus contre moi en raison de leur antériorité par rapport à la loi antiterrorisme du 19 décembre 2003. De surcroît, ils doivent être restitués dans leur contexte, excessivement émotionnel.

Concernant mes déclarations télévisées du 28 juin 2004 sur RTL, on ne peut m’accuser d’avoir revendiqué un attentat qui d’ailleurs n’en est pas un puisqu’il s’agit d’une explosion accidentelle, dixit même le chef de la police d’Istanbul, Celalettin Cerrah.

Le communiqué officiel qui fait suite à cette explosion accidentelle est un communiqué d’excuses à la population. Ce communiqué officiel a préalablement été envoyé à la presse turque qui l’a aussitôt publié. Si j’ai moi-même traduit et commenté ce communiqué, je ne l’ai en revanche nullement rédigé. Encore une fois, je me dois de rappeler que je suis un traducteur bruxellois qui a rendu compte d’un événement ayant indéniablement eu lieu et qu’il fallait faire connaître du public, même s’il est dommageable pour la cause ou l’image du DHKC. Mon travail est celui d’un traducteur et non celui d’un membre du commandement militaire de cette organisation.

Sur la conférence de presse du 28 juin 2004
Le matin même où j’ai été interviewé par RTL, j’ai organisé une conférence de presse au nom de la coalition « Resistanbul 2004 » qui regroupe de nombreuses associations de gauche, en marge du sommet de l'OTAN qui se déroulait simultanément à Istanbul.

Cependant, lors de cette conférence de presse organisée au « New Hotel Charlemagne » dans le quartier européen de Bruxelles, il n’a jamais été question de parler de l'explosion déclenchée accidentellement par la militante dénommée Semiran Polat ni même de distribuer des communiqués du DHKC relatifs à cet événement.

Cette conférence de presse portait strictement sur la militarisation abusive de la ville d'Istanbul en raison de la venue de Georges W. Bush et d'autres chefs d’état. Certains provocateurs de la presse turque, présents à cette conférence, ont essayé de piéger Musa Asoglu en tirant le débat sur ce sujet, ce dernier a aimablement éludé la question pour recentrer le débat sur le véritable sujet, à savoir, le sommet de l’OTAN à Istanbul et les contre-manifestations qu’il allait susciter. C’est ce que montrent clairement les images de la conférence de presse prise par l’agence de presse turque Ihlas Haber Ajansi (IHA).  Je vous envoie en annexe le communiqué officiel de Resistanbul 2004, le seul qui a été lu lors de cette conférence de presse organisée le matin du 28 juin 2004 au « New Hotel Charlemagne ».

Les photocopies de mes pièces d’identité retrouvées à Knokke
Permettez-moi Madame et Messieurs les juges, de m’en expliquer une nouvelle fois : un jour de 1999, on est venu me demander de prêter mon identité pour sauver une personne persécutée par le régime en Turquie.

Inspiré par les « Justes » qui hébergèrent des Juifs chez eux durant la seconde guerre mondiale, j’ai immédiatement accepté de prêter mon nom à l’un ou l’autre persécuté, sans la moindre hésitation et dans un but purement humanitaire. Je considérais que ce « délit de solidarité » rendu à une personne en danger n’était fondamentalement pas différent de l’appui moral et matériel que j’apportais à des prisonniers politiques.

Et comme M. le procureur fédéral l’a effectivement montré, j’ai confié à la personne qui me les a demandé, un croquis de ma signature avec les indications permettant de la falsifier ainsi que les photocopies de mes pièces d’identité.
Je ne renie aucunement les faits.

Cependant, je ne puis accepter que mon engagement politique pacifique et inoffensif, y compris ce geste de solidarité, soit assimilé à du terrorisme. Je ressens cette accusation comme la pire des insultes.

Conclusion
Alors que mon activisme relève de la liberté d’expression telle que le garantit l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ces dernières années, j’ai été victime de multiples pressions, intimidations, privations et autres châtiments carcéraux.

Cela a commencé par les lynchages de la presse turque.

J’ai ensuite failli être livré à mes tortionnaires d’Ankara suite à une opération policière aux Pays-Bas orchestrée par M. le procureur fédéral, comme l’atteste le PV de la réunion des 24 hauts fonctionnaires de l’Etat organisée le 26 avril 2006, à l’initiative du Cabinet de la Ministre de la Justice. J’ai dû passer 68 jours dans une cellule aux Pays-Bas, antichambre de la salle de torture qui m’attendait en Turquie.

Mes multiples requêtes adressées aux services consulaires belges pour un rapatriement en Belgique au vu de la légèreté des faits qui m’étaient reprochés par Ankara sont restées lettres mortes.

De retour en Belgique après mon acquittement par la Cour de La Haye, j’ai été incarcéré pendant près de six mois à la prison de Gand puis à Nivelles jusqu’à l’arrêt de la Cour de Cassation qui, le 19 avril 2007, me permit de recouvrer la liberté. Mon arrestation immédiate avait été entraînée par les provocations du Parquet fédéral, prétendant que j’allais m’échapper, ce qui n’a jamais été mon intention. Je n’ai d’ailleurs manqué aucune des près de 30 audiences qui ont eu lieu à Bruges, Gand et Bruxelles.

Les harcèlements et la répression ont également touché ma famille. En effet, mon épouse s’est vue refuser sa citoyenneté belge pour des motifs politiques analogues. Elle venait juste de se faire confisquer son passeport au Consulat turc.
J’ai moi aussi perdu mon droit de voyager en raison du mandat Interpol lancé par les autorités judiciaires turques.

Je ne puis trouver un emploi en raison de mes démêlés judiciaires et de la lourde réputation que je me suis taillée suite à la campagne de criminalisation menée par le Parquet fédéral.

Aussi, Madame et Messieurs les juges, en guise de réparation de tous les préjudices que j’ai eu à subir de la part des autorités turque et belge et au nom de la liberté d’expression, de la démocratie et de la justice que vous représentez, je vous demande mon acquittement.

Je vous remercie pour votre patience et votre attention.

Bahar Kimyongür



Le Clea est un collectif citoyen visant à promouvoir un débat critique sur les nouvelles législations antiterroristes. Le cas de Bahar Kimyongür est exemplaire à cet égard. En vertu de ces nouvelles dispositions, non seulement les libertés d'expression et d'association sont mises à mal mais, en plus, l'avenir d'un homme qui n'a commis aucun délit et comdamné aujourd'hui à cinq ans de prison ferme, est gravement compromis.  
 
 
 

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«Un citoyen belge livré pour des raisons électoralistes à un régime pratiquant la torture ?»

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«(...) au moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques – élections, parlements, hautes cours de justice– demeureront mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu'ils étaient aux bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions (...) et de tous les éditoriaux mais (...) l'oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes
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