Jump to main content
banner
LE CLEA
Accueil
Charte
Actions du Clea
es Communiqués
eses Actualité
es Nederlands / English
es Clea en son et images
  Clea - Section Liège
Législations liberticides
Appel du SAD
es Note sur la loi anti-T
im Une nouvelle inquisition
Procès du DHKC
es Enjeux et contexte
es Les enjeux de ce procès
es Les détenus de Bruges
im Traiments inhumains et dégrandants en prison
Démocratie en Turquie?
Une presse sous emprise
es Un procès exemplaire
es L'autre affaire Erdal
es Procès en Appel à Gand
es Condamné à cinq ans
es Messages de soutien
es Comptes-rendus des audiences
es 1ère instance: Bruges
es Note sur le dossier de Bruges
es Jugement du 28-02-06
im Bahar Kimyongür
es Un complot contre Bahar
es Bahar libéré aux Pays-Bas
es Pétition, soutiens...
es Autobiographie
es Note sur l'arrestation aux Pays-Bas
es Lettre de l'avocat turc
es Jugement de La Haye
Dans le collimateur des lois anti-terroristes
es Procès politique à Liège
es Une menace qui grandit
Presse
es Cartes blanches, articles
Liste de diffusion
es

Pour vous inscrire à notre liste de diffusion cliquez ici


À lire absolument notre nouvelle et très complète brochure «Kimyongur Bahar : Le dossier à charge»
[Lire]

Pour un soutien financier:
363-0054263-80

Portez le pin's
«Triangle rouge»
Le Clea en a fait son symbole

triangle rouge
Où se le procurer?
Cliquez sur l'image

Un seul pas suffirait pour arrêter le compteur macabre !
Avant son incarcération, Bahar Kimyongür avait lancé un appel urgent à la constitution d'une délégation internationale en Turquie en vue de sauver la vie de l'avocat des droits de l'Homme Behiç Asçi, en grève de la faim depuis plusieurs mois en protestation pour les conditions de détention de ses clients. Il fut écouté mais Maître Asçi se débat encore entre la vie et la mort. Faisons du geste généreux de Bahar une victoire : Soutenons sa campagne ! [Lire]

 


Le nouveau procès «DHKP-C» devant la Cour d’appel d’Anvers
Compte-rendu de l'audience du 15 novembre 2007


Jeudi 15 novembre  : «Contre la violence de l’Etat turc,
l’autodéfense est légitime»


Le Procureur fédéral, Johan Delmulle, a toujours voulu égarer les juges –en les fourvoyant sur des voies de traverse: faire condamner l’organisation DHKP-C pour ses options idéologiques, sa visée politique, la stratégie qu’elle a décidée de mettre en œuvre «en Turquie». Jan Fermon : «Porter jugement sur ce que doit ou ne devrait pas faire ce mouvement en Turquie même, ce n’est pas cela qui est demandé à votre tribunal. Par contre, dans ce pays, il y a une situation de répression, de maltraitance que les autorités n’ont jamais cessé d’employer. Cette oppression permanente a induit un état de nécessité, obligeant la population à se protéger de violences étatiques permanentes». Un état de légitime défense justifié et justifiable ? Pour en convaincre la Cour, Fermon choisit un premier exemple, un cas vécu dont il avait pu être le témoin direct. Dans les années 90, l’avocat s’était en effet rendu à Istanbul (en compagnie d’autres juristes) pour une mission d’observation; plus exactement dans un des quartiers populaires accrochés à flanc de la vallée du Bosphore. C’est là, à Küçuk Armutlu, que des milliers d’habitants continuaient, avec un courage intrépide, à refuser d’abandonner leurs petites habitations. Un site convoité par une coalition de promoteurs liés aux plus hautes autorités politiques et prêts à toutes les exactions pour arriver à leurs fins affairistes. Küçuk Armutlu ? La cité a ainsi vécu, des semaines durant, sous une forme d’Etat de siège excédé, une guerre civile fomentée par des centaines de gendarmes appartenant aux brigades spéciales d’intervention –utilisant systématiquement les gaz lacrymogènes pour tenter de faire partir les résidents obstinés, et des dizaines de panzers pour créer un effroi irrésistible. «Après qu’une petite fille de six ans, Sevcan Yavuz, ait été mortellement écrasée –le 17 novembre 1992– par l’un des tanks, celui-ci a été détruit à l’explosif par Devrimci Sol (l’organisation dont est issue le DHKP-C, NDLR). Sur le coup, les médias ont décrété qu’il avait été ainsi porté atteinte à l’Etat turc. Je vous le demande: la destruction de ce panzer, est-ce un acte de "terrorisme" ? Et le fait d’expliquer cet événement, et ce qui s’est réellement passé, fait-il de moi aussi un "terroriste" ?»

VIOLENCES D’ÉTAT. Après ce récit –qui, on le devine, aura commencé à susciter chez les trois juges comme une sensation indéfinissable–, Fermon en vient aux soi-disant preuves censées décrire l’inhumanité spontanée dont le DHKP-C serait coutumier en Turquie. L’avocat tient en mains des clichés photographiques exposant des cadavres, des corps suppliciés. Des photos, où l’on voit le caporal d’armée Aldemir Murat tendant fièrement vers l’objectif des oreilles découpées: celles des militants que les unités spéciales viennent de massacrer. Autre cliché ? Aldemir Murat qui a décoré sa maison avec ses trophées de guerre, laissant pendre des centaines d’oreilles sur des cordes à linge… (1).

Autres cas «assassins». Le 26 septembre 2007, des gendarmes appartenant aux forces spéciales (Özel Tim) de la caserne de Boytas (province de Tunceli) ouvrent le feu sur deux apiculteurs en train de récolter du bois. Gravement blessées, les victimes (Bülent Karatas et Ali Riza Ciçek) sont séquestrées dans la caserne. Après quoi, les militaires contactent leur famille pour qu’elles viennent rechercher «les défunts». Karatas et Ciçek ? D’abord emmenés par hélicoptère de l’armée vers l’hôpital de l’université de l’Euphrate à Elazig, ils étaient alors encore tous les deux vivants. Cependant, le lendemain vers 3 heures du matin, Bülent Karatas succombe à ses blessures. Les médecins extraient trois balles de son corps et y relèvent plusieurs blessures «sans doute provoquées par des coups de crosse». Ali Riza Çiçek est, à ce moment, en soins intensifs. D’après le gouverneur de Tunceli, Mustafa Yaman, les deux apiculteurs étaient des «terroristes» qui auraient fui suite aux «sommations militaires». Pourtant, Bülent Karatas et Ali Riza Ciçek n’étaient pas armés lors de leur arrestation: ils étaient en possession de cadres de ruches et de tronçonneuses; avec eux, il y avait des chevaux pour transporter le bois coupé (2).

Affirmation énervée de Fermon : «Le problème, c’est qu’en Turquie, il y a des centaines de cas comme celui-là ! Est-ce que les évoquer, ici en Belgique, signifie "commettre une infraction à la loi" ? Or ces actes de violence innombrablement répétés par les forces répressives (qu’elles soient étatiques ou para-officielles) justifient une nécessaire autodéfense des populations, des groupes et individus qui les subissent. En Turquie, même si vous menez une lutte légale, vous serez directement confronté à cette répression d’Etat. C’est un fait».

Pour faire remonter sa démonstration un cran plus haut, Fermon va alors revenir sur la toute-puissance de l’armée, son rôle prépondérant dans les structures et appareils d’Etat complètement militarisés. «En 1997, il faut s’en souvenir, les forces armées n’ont pas hésité à renverser le gouvernement dirigé par l’islamiste modéré Erbakan. Il ne leur plaisait pas, alors que le Premier ministre  disposait d’une majorité parlementaire. Pour l’intimider et précipiter son départ, l’armée a ainsi fait défiler les chars dans le quartier Sincan d’Ankara. Est-ce que vous trouvez cela normal ? Erbakan, on aurait pu le comparer à une sorte de ponte du CVP d’il y a vingt ans… Idem en 1994, quand les militaires ont envahi l’Assemblée nationale pour y arrêter la députée du DEP, Leyla Zana. Son crime: avoir prononcé des paroles en kurde et porté dans ses cheveux un ruban aux couleurs du Kurdistan. Elle a aussitôt été condamnée à 15 années d’emprisonnement et plusieurs autres députés du même parti à 50 années de prison. En Turquie, nous sommes dans un tout autre monde».

A propos du DHKC. Fermon : «Ce mouvement s’est présenté jusqu’à aujourd’hui aux élections municipales, bien entendu sous d’autres appellations. Il y a toujours obtenu des succès et des scores remarqués. Qui plus est, le livre que l’organisation continue de diffuser dans tout le pays, sous le couvert du "Front pour les droits et les libertés" [HÖC] –pour élaborer, avec qui le voudra, une Constitution alternative–, a bel et bien été diffusé à plus de 500.000 exemplaires, ce qui n’est pas rien». Utile à répéter : diffuser la presse militante en Turquie n’est pas sans danger pour votre vie. Selon les derniers Rapports annuels de Reporters sans Frontières, la Turquie est le pays «le plus dangereux pour la liberté de la presse et celle des journalistes». Chaque année, entre 300 et 500 journalistes s’y retrouvent en prison. Sans compter les assassinats qui les frappent (en janvier 1996, Metin Göktepe –appréhendé par la police lors des funérailles de quatre détenus, membres du DHKP-C, sauvagement assassinés par l'armée quelques jours plus tôt, dans la prison d'Ümraniye à Istanbul– est torturé à mort. Les autorités le déclareront «tombé d'un mur»… d'à peine un mètre de haut) (3). Les vendeurs de journaux progressistes ne sont pas non plus épargnés. Le 30 mai 1996, Irfan Agdaş est exécuté en pleine rue par des policiers alors qu’il vend la revue Kurtulus (Libération). Le 7 octobre 2000, Ferhat Gerçek (16 ans d’âge) est abattu dans le dos par des tirs policiers : il vendait, sur la voie publique dans le quartier de Yenibosna, la publication Yuruyus (La Marche) : il en restera mutilé à vie…

QUINZE MINUTES AHURISSANTES. Comment parler et faire parler de tous ces actes incroyables et pourtant si coutumiers ? Dès la reprise du procès à 14 heures 15, les avocats de la défense ont proposé que soit projeté un très court assemblage de séquences filmées, commentées de vive voix par Jan Fermon. Le tout durera 15 minutes, pas plus. Quinze minutes ahurissantes. On y voit, tour à tour, Irfan Agdaş; Ferhat Gerçek; la parlementaire Leyla Zana (littéralement kidnappée en plein séance inaugurale du Parlement); une manifestation sauvagement réprimée lors du Premier mai. Puis une série de scènes suffocantes: une délégation de parents de prisonniers politiques (Tayad), qui en bus, tentent de parvenir jusqu’à Ankara pour y remettre des milliers de pétitions. La distance séparant Istanbul de la capitale: un peu moins de 200 kilomètres. Le temps que ce déplacement aura exigé? 48 heures forcenées. Car tous les 20 kilomètres, le véhicule est arrêté par un barrage de gendarmes qui en font systématiquement sortir les occupants pour mieux pouvoir les tabasser. Une fois roués de coups, ceux-ci remontent blessés et saignés dans le car afin de poursuivre leur route cauchemardesque. Tout est filmé en direct. Et le choc, par devers vous, en est incroyable.

Autre séquence. Août 2007 : cortège pacifique réprimé à Istanbul. Suivent des photos de militants martyrisés à mort dans les prisons. Autre séquence, indescriptible: l’assaut donné (en décembre 2000) par 10.000 soldats contre vingt institutions pénitentiaires; à l’arme lourde, aux lance-flammes et au napalm; on voit, images saccadées et promptes, des corps de femmes atrocement brûlés. Dans ce déferlement continu d’images floutées, les juges n’ont même pas le temps de réprimer leur haut-le-cœur. Ce n’est d’ailleurs pas le but. Autres extraits live : l’attentat de Semdinli commis le 9 novembre 2005 contre une librairie kurde. Dans ces images d’archives, on distingue clairement les trois responsables du crime  rattrapés par la foule –alors qu'ils tentent de fuir dans une voiture officielle contenant des armes, une carte localisant la librairie, une liste d'opposants à abattre. En réalité, ils appartiennent au service «Renseignement et Action» de la police militaire. L'attentat a fait un mort et plusieurs blessés. La répression des émeutes, qui ont suivi, en a causé beaucoup d'autres. Autre séquence ? Des parents retournant à la houe un champ où un policier tortionnaire a enterré le cadavre de leur fils, syndicaliste. Autre séquence: Susurluk, 3 novembre 1996 ; un accident d’Etat où, dans une Mercèdes blindée, ont été retrouvés les corps sans vie du trafiquant de drogue d’extrême droite Abdullah Catli, de sa putain, du commissaire de police d’Istanbul et d’un survivant : Sedat Bucak, leader d’une armée privée de 20.000 supplétifs et député du DYP, une parti appartenant à la coalition gouvernementale…) (4).

LES LARMES DE MUSA. Durant le reste de l’après-midi, Jan Fermon, Raf Jespers, puis Musa Asoglu reprendront d’autres exemples tout aussi ulcérés. Jan Fermon, à propos d’un ouvrage militaire turc des plus officiels, dont il cite un passage «dans le texte»: «On y détaille, sans manières, les tortures les plus recommandées: le supplice de la falaka consistant à frapper sans relâche sur la plante des pieds;  suspendre les corps des interrogés au plafond, le temps qu’il faudra; faire passer des décharges d’électricité dans les parties génitales; etc…». Jan Fermon à propos d’un Rapport d’Amnesty International qu’il cite «dans le texte»: «Amnesty décrit le cas de deux étudiants torturés pour avoir fait signer des pétitions. Ils ont été plongés dans l’eau glacée et sodomiser avec une matraque». Une affaire, comme toutes les autres, classées «sans suites»… Raf Jespers: «Selon le doctorat de Jan Peter Loof, sorti en 2005 à l’université hollandaise de Leiden ("Droits de l’Homme et sécurité d’Etat"), la Turquie est "le champion en matière de violations des droits fondamentaux, et entretient sur son territoire un état d’exception permanent en y organisant une véritable terreur d’Etat"».

Musa Asoglu sera le dernier à prendre la parole pour lire quelques passages extraits de Mémoires rédigés par des hauts responsables militaires, aujourd’hui à la retraite: «Mon avocat à évoqué devant cette Cour quelques cas. En réalité, il s’agit de milliers d’assassinats, de disparitions, de corps suppliciés. Sans compter les familles intimidées, brutalisées, violées dans une totale impunité». Musa montre au trois juges des photos de camarades. Morts. Définitivement morts. Les larmes commencent à perler, puis à lui couler des yeux, comme indisciplinées: «La seule chose que je regrette : ne pas avoir pu faire plus».

17 heures. C’est la fin ? Pas vraiment.

Fermon : «J’ai un problème. On ne peut ouvrir le CD où ont été recopiés les milliers de documents qui se trouvaient sur le disque dur de l’ordinateur retrouvé à Knokke. Le Ministère public a pu en prendre connaissance et s’en était servi lors du procès à Gand. Qu’allez-vous faire ?». Le Président en reste bouche bée : âgé de 73 ans, il a l’air de n’y rien connaître en informatique. En fait, dès le 1er octobre, les avocats de la défense avaient demandé de pouvoir disposer de l’ensemble des documents numérisés et rassemblés sur une série de disquettes à haute capacité. En vain. Quand arrivent les audiences préliminaires, les avocats insisteront pour recevoir copie. En vain. Outrés, ils préviennent qu’ils demanderont l’ajournement pur et simple s’ils ne disposent pas au plus vite de pièces dont le Procureur est, une nouvelle fois, prêt à assaisonner ses réparties.

Libert, se tournant vers le Procureur fédéral: «Qu’allez-vous faire ?». J. Delmulle se lance dans un ensemble de considérations desquelles il ressort que le Ministère public ne s’est jamais servi d’aucun des documents évoqués. Le premier juge : «Vous dites ne les avoir jamais utilisés mais refusez qu’on les recopie pour les transmettre à la défense des inculpés. Ca ne va pas !». Suspension d’audience : 50 minutes. Il y a, en effet, comme un problème : à supposer qu’on parvienne à transmettre à la défense un CD «lisible», il faudra encore lui accorder au moins une dizaine de jours pour qu’elle puisse prendre connaissance de tout ce qu’il contient. A 18 heures 5, les juges reviennent s’asseoir à leur banc de justice. S. Libert lit un nouvel Arrêt intermédiaire, âprement rédigé. Résumant les rétroactes de ces dernières péripéties électroniques, la conclusion des juges a quelque chose de cinglant et de réprobateur : «Il sera donc totalement fait abstraction des documents figurant sur le disque dur. D’autant qu’ils n’ont pas été utilisés jusqu’ici pour démontrer ou étayer des faits décisifs».

                                                                                             Jean FLINKER


(1) : Murat Aldemir, membre du MHP (Parti d’action nationaliste, plus connu sous l’appellation du Parti des Loups Gris) a commis de nombreux crimes contre l’humanité durant son service militaire en 1991-92. Ce psychopathe en a été, maintes fois, récompensé par l’armée… Des militants du DHKP-C ont retrouvé chez lui des collections d’oreilles de combattants kurdes ainsi que de simples villageois (il arrivait souvent que les militaires soient rémunérés à la pièce, pour chaque partie de corps humain ramenée –ce qui motivait certains soldats à tuer n’importe qui pour en ramener les oreilles).
Le DHKP-C a exécuté Murat Aldemir  le 3 décembre 1995 à Zeytinburnu. Cette action a été revendiquée dans le communiqué n° 22 du DHKC datant du 6 décembre 1995.
(2) : Le 28 septembre 2007, plus de 5.000 manifestants participaient aux funérailles de Bülent Karatas (dont les maires des deux localités Tunceli et Hozat; un député du parti pro-kurde DTP, Serafettin Halis; des délégations du Barreau de Tunceli, ainsi que des représentants de l’Association turque des droits de l’Homme. Le lendemain, la police procédait à onze arrestations –lors d’une manifestation organisée devant le lycée de Galatasaray (à Istanbul) en réaction à l’assassinat de Karatas.
Agé de 32 ans, Bülent Karatas était un villageois qui sympathisait avec les mouvements révolutionnaires. En 1997, Karatas avait été emprisonné pour avoir aidé le mouvement maoïste MKP. En décembre 2006, il avait été arrêté dans une opération visant le DHKP-C. Au moment de sa mort, il était toujours inculpé dans un procès politique, accusé d’avoir porté assistance à ce groupe d’extrême gauche. Après sa dernière garde à vue, Bülent Karatas aurait été contraint –sous la menace– à la collaboration par un responsable militaire dénommé Tuncay Basçavus. Son refus de pactiser avec l’armée et ses sympathies déclarées pour les révolutionnaires avaient fait de lui une cible de choix pour les militaires de la région.
Quant à Ali Riza Ciçek (gravement blessé par les tirs de l’armée)…: son propre père –Hasan Ciçek, âgé de 57 ans– avait été capturé par des membres de la contre-guérilla et accusé d’être un milicien du DHKP-C. En 1994, il aurait été ainsi enlevé de chez lui, torturé puis brûlé vif –le corps attaché à un arbre. Par ailleurs, en 2002, Hayri (le petit frère d’Ali Riza) aurait été mutilé par une bombe abandonnée par des militaires, bombe qu’il aurait manipulé en croyant qu’il s’agissait d’un jouet.
Funérailles de Bülent Karatas

karatas   karatas
     
karatas   karatas
     
karatas


(3) : Voir, dans Kimyongür Bahar: le dossier à charge, le chapitre «Les donneurs d’ordre» et plus particulière-ment «Les faits défaits».
(4) : Voir le préambule à L’autre affaire Erdal.




Le Clea est un collectif citoyen visant à promouvoir un débat critique sur les nouvelles législations antiterroristes. Le cas de Bahar Kimyongür est exemplaire à cet égard. En vertu de ces nouvelles dispositions, non seulement les libertés d'expression et d'association sont mises à mal mais, en plus, l'avenir d'un homme qui n'a commis aucun délit et comdamné aujourd'hui à cinq ans de prison ferme, est gravement compromis.  
 
 
 

autocollant
Bahar Kimyongür est un symbole
Il est le symbole des dangers que la lutte contre le “terrorisme” fait peser sur nos libertés

Vous souhaitez soutenir Bahar concrètement ?
Ce qui suit vous intéressera :
Lire
Téléchargez ici, et reproduisez et diffusez SVP un tract au format pdf
Soutenir Bahar
Prochaine réunion du Clea : À fixer


«Dis-moi avec qui tu colistes...»
Lire :

«Un citoyen belge livré pour des raisons électoralistes à un régime pratiquant la torture ?»

Consultez aussi :
www.mouvements.be


Actualité de Huxley
«(...) au moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques – élections, parlements, hautes cours de justice– demeureront mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu'ils étaient aux bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions (...) et de tous les éditoriaux mais (...) l'oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes
n

Site optimisé pour le navigateur
Firefox
Firefox
Téléchargez-le ici