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Le film retraçant le combat du Clea [Cliquez sur l'image]

 

Livre Bahar
Livre de Bahar Kimyongür
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Affaire DHKP-C : Chapitre 6, Paragraphe 3
La «guerre contre le terrorisme», une guerre d’usure contre la Démocratie

Chapitre 1er : Made in Belgium
Boum ! Et encore Boum ! Il a fallu moins de temps à l’Oncle Sam pour dépoussiérer une vieille loi permettant de bâillonner les contestataires américains que pour débusquer le passeport de Mohamed Atta dans les décombres fumant du WTC. Et de la même manière que les GI ont tué des centaines de milliers d’Afghans et d’Irakiens au nom de la Liberté, les politiciens US ont délibérément assassiné les libertés civiles dans leur propre pays sous couvert du «Patriot act». En fait, tous les pays occidentaux ont justifié, à partir du 11 septembre 2001, une remise en question de l’Etat de Droit, en prétextant de la nécessité de livrer une «guerre mondiale contre le terrorisme».
 
inoubliable dawiya
Dawiya (à gauche sur la photo), la grand-mère de Bahar Kimyongür, s'est éteinte le mardi 7 juillet sans connaître le sort réservé à son petit-fils. Nous lui dédions, en hommage, notre combat pour les libertés démocratiques aujourd'hui menacées par les émules belges de G .W. Bush [Lire].

En Belgique, à l’appel de George Bush, des hommes et des femmes se sont également levés. Laurette Onkelinx, Ministre de la Justice socialiste, a fait voter par le Parlement, en 2003, une loi sur «les infractions terroristes» émanant d’une directive européenne.

Et pour tester cette nouvelle arme juridique, défrayer la chronique et effrayer le public, rien de plus sensationnel qu’un procès «terroriste». Les rôles sont répartis : le procureur Johan Delmulle, ex-rédacteur CD&V de la loi «anticriminelle», remixe une histoire de 1999 -liée à un mouvement révolutionnaire turc au nom aussi inconnu qu’imprononçable «DHKP-C»- et le libéral François-Xavier de Donnéa, s’affole de sa présence à Bruxelles, pour donner le signal de départ de la nouvelle croisade.

Un juge, en février 2006, parachève le travail à Bruges en prononçant des peines allant de 3 à 7 ans de prison à l’encontre de «11 dangereux terroristes turcs» actifs sur le sol belge. La presse vend l’affaire en décrivant, avec moult détails, l’«arsenal», les «stocks d’armes» aux mains du moustachu Asoglu et de la diabolique Erdal.

En dépit des protestations bruyantes mais incompréhensibles de militants d’origine turque et de quelques murmures parmi les démocrates belges, beaucoup se disent qu’il n’y a pas de fumée sans feu et l’histoire semble se terminer là.

Chapitre 2 : A visages découverts
Mais, peut-être par excès de confiance, les zélés serviteurs de la sûreté de l’Etat belge vont vite faire tomber le masque. Parodiant le plus grossier des scénarios de la théorie du complot, le procureur Delmulle et la ministre Onkelinx organisent au Pays-Bas le kidnapping d’un des condamnés, Bahar Kimyongür, pour le livrer à la Turquie.
krollDes gens commencent à s’alarmer. « N’est-t-il pas illégal d’extrader un citoyen belge ? » s’interrogent plusieurs professeurs d’université.  Josy Dubié, sénateur Ecolo, s’indigne : « Tout le monde sait qu’il y a de la torture en Turquie. L’Etat belge met le sympathisant du DHKP-C entre les mains des bourreaux dont il dénonce les crimes ! » La Ligue des droits de l’Homme monte au créneau : « Tout condamné à droit à un procès en appel, Kimyongür doit revenir en Belgique ».

En quelques jours, plus de 7000 personnes signent une pétition exigeant son rapatriement immédiat. 

Le procès en appel a finalement lieu en présence de tous les accusés à Gand durant l’automne 2006 et se clôture par des condamnations encore plus lourdes qu’en première instance. Bizarre : l’argumentaire des juges s’avère plus politique que juridique. Le verdict ne repose pas tant sur des faits commis par les personnes incriminées que sur leurs opinions. Surtout, beaucoup de gens s’étonnent que Bahar Kimyongür soit privé de liberté pour 5 ans au motif qu’il est le chef d’un réseau terroriste, alors qu’il n’a commis aucun acte de violence puisqu’il n’a fait que traduire des communiqués.

Chapitre 3 : Casser la répression
Tout semble désormais permis contre les premières victimes de la loi «antiterroriste» belge. Malgré 5 condamnations pour « traitements inhumains et dégradants », Laurette Onkelinx maintient 4 détenus en isolement total.

Carton rouge pour Onkelinx ? Décrédibilisé le procureur Delmulle ? Cassés les partisans de « Dubble you » ! Dans leur hâte à détruire les conquêtes démocratiques, ils ont, à nouveau, omis de respecter certaines formes. La Cour de Cassation accuse le procureur fédéral d’avoir lui-même nommé le juge de Bruges pour s’assurer la victoire. Au printemps 2007, contre toute attente, les militants "turcs" sont donc libérés.

L’affaire DHKP-C se transforme, alors, progressivement en une saga judiciaire et devient un exemple-type, un symbole des dangers que la « guerre contre le terrorisme » fait peser sur la démocratie. Le mouvement citoyen, qui porte cette idée, connaît son point d’orgue lorsque 180 associations, parmi lesquelles plusieurs centrales syndicales, apposent leur nom au bas d’un document exigeant, sur base de l’analyse du procès, que le gouvernement retire du Code pénal toutes les formes de contestation sociale.

Chapitre 4 : Le juge Libert(é)
Le vent aurait-il déjà tourné ? Début 2008, le juge anversois Libert lève les derniers soupçons planant sur Kimyongür et consorts. Son jugement est sans appel : sur base des faits présentés par l’accusation, Asoglu, Erdal, Akar, Saz et leurs camarades ne sont ni des malfaiteurs, ni des criminels, ni des terroristes.

Chapitre 5 : Terroristes sans bombe
Mais la Cour de Cassation refuse d’avaliser cette lecture de la loi « antiterroriste » mettant, de la sorte, en exergue le principal grief porté à cette législation liberticide. En Belgique, vous pouvez être condamné comme terroriste même si vous n’avez rien commis d’illégal ! Il suffit, en effet, qu’on vous accuse d’être membre d’un groupe défini comme terroriste. Le délit de solidarité, d’appartenance est ainsi énoncé et prime désormais sur des libertés constitutionnelles comme la liberté d’expression ou celle d’association.

Titom

Une course contre-la-montre s’engage alors. D’un côté, la police veut, coûte que coûte, créer une jurisprudence, même si la législation utilisée octroie la part belle à la subjectivité du juge. Le procès DHKP-C reprend donc à nouveau à zéro. D’un autre côté, les parlementaires s’enlisent rapidement dans une évaluation de la loi sujette à controverses.

Chapitre 6 : Rapport de forces
§1 En janvier 2009, par un froid polaire, au moment où le terrorisme d’Etat israélien s’abat sur Gaza, des militants de toute la gauche belge (des plus révolutionnaires au plus réformistes) sont, une nouvelle fois, présents en masse au Palais de Justice de Bruxelles pour soutenir les sympathisants du DHKP-C et revendiquer l’abrogation de la loi « antiterroriste ».

§2 Les plaidoiries se déroulent en mai 2009 en présence de nombreux citoyens, comme lors de chacune des dizaines d’audiences ayant émaillé cet interminable procès. Mais, alors que le verdict est attendu pour le 14 juillet, le juge Boyen décide de prendre son temps, ridiculisant au passage Johan Delmulle. Ce dernier, depuis des années, tente de faire passer Kimyongür et Asoglu comme des chefs terroristes. Le juge bruxellois ne croit pas à cette histoire et ordonne au procureur de requalifier les préventions.

§3 Le 14 octobre 2009, les audiences du sixième round du procès DHKP-C reprennent à la Cour d’appel de Bruxelles. Dix ans après le début de cette affaire, la situation semble s’être quelque peu décantée.

- La démocratie n’a jamais été offerte au peuple, il s’agit d’une conquête du mouvement ouvrier. Or, cet espace d’expression, d’organisation et de contestation est actuellement attaqué sous prétexte de « lutte contre le terrorisme ».

Dans ce cadre, la multiplication des procédures d’exception, au cours des différentes phases du procès DHKP-C, constitue un travail de sape contre la démocratie belge. Dès lors, si cette affaire vise, directement, des communistes d’origine turque, elle concerne également tous les citoyens belges. Les condamnations de Kimyongür et de ses amis ouvriraient, en effet, la porte à de nombreux procès contre tous types de contestataires en Belgique.

Cependant, au terme du procès DHKP-C, le maintien en liberté des militants et la non application de la loi « antiterroriste » à leur encontre offriraient une victoire à tous les progressistes et tous les démocrates du plat pays. Cette décision donnerait, en effet, un coup de frein au mouvement de criminalisation du militantisme qui se développe ces dernières années.

Tel est l’enjeu : cette affaire est le baromètre de la démocratie belge.

- Si les juges de Bruxelles demeurent seuls maîtres du destin des accusés, deux camps exercent une pression sociale autour de cette affaire et sont donc susceptibles d’influencer son déroulement voire toute cette problématique.

La Belgique dispose de son propre Pentagone. Les émules belges de George Bush ont chacun de «bonnes» raisons pour bâillonner les contestataires et pour détricoter l’Etat de droit. Ce processus est manoeuvré par des forces réactionnaires depuis le cœur même de l’Etat belge.

Johan Delmulle, le procureur maccarthiste, est prêt à outrepasser la loi et à mentir pour devenir le «Monsieur antiterroriste» belge. Il se trouve à la pointe, à l’avant-garde de ce mouvement répressif aiguillé par le Parquet fédéral et encouragé par la police.

Fuat Tanlay, l’ambassadeur turc récemment en poste à Bruxelles, constitue l’aile droite du réseau. Il crache sa haine tant contre les militants turcs que contre les démocrates belges, au point de souhaiter que la population belge soit touchée par une vague d’attentats «pour qu’elle comprenne enfin».

Laurette Onkelinx, cherchant notamment à faire les yeux doux à l’électorat turc d’extrême droite votant à Bruxelles, représente les détenteurs du pouvoir exécutif belge qui se mettent au garde-à-vous sous la bannière étoilée. Peut-on parler d’aile gauche en matière de répression?
François-Xavier de Donnéa, négociateur de contrats avec l’Etat et les entreprises turcs, est l’incarnation du politicien (de droite comme de « gauche ») qui prétend protéger la démocratie en votant des lois liberticides.

Le juge Troch, l’ami «brugeois» de J. Delmulle, ou le juge Logghe de Gand font partie des membres de la magistrature qui entendent opérer une contre-révolution dans le droit pénal, en appliquant la loi « antiterroriste ». Ils ne veulent plus juger un individu particulier pour un acte précis mais espèrent justifier leurs verdicts sur base d’assertions du style « le communisme est un totalitarisme aussi dangereux que le fascisme…» (Donc 5 ans fermes pour celui qui vante des idées révolutionnaires).

Les points de vue de ces membres influents des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sont dominants et donc largement relayés dans les médias.

Réapproprier

Face à eux se dresse le dernier carré des démocrates belges.

Au sein de la structure d’Etat, différentes tensions ont surgi. Certaines voix se sont élevées, parmi les membres de la Sûreté de l’Etat, pour taxer l’action du procureur Delmulle, notamment envers Kimyongür, de «plan machiavélique». Des magistrats, comme le juge Libert, entendent conserver leur indépendance face au pouvoir exécutif. Et nos politiciens ne sont pas tous des Américains. A gauche, au centre comme à droite, une réforme de la loi « antiterroriste » n’est plus un tabou. Ecolo ou certains membres du PS, comme Jean Cornil, sont conscients que la « guerre contre le terrorisme pour sauver la liberté » n’est qu’un slogan creux véhiculé par des forces politiques de droite et d’extrême droite pour attaquer les progressistes et détruire la démocratie sous couvert de lutte contre la criminalité.

De nombreux intellectuels, présents dans toutes les universités du pays ou parmi les juristes,  et dont les propos sont progressivement repris par certains journalistes, pointent du doigt une série de dérives mises en lumière par l’affaire DHKP-C.

Échaudé par les poursuites intentées par Electrabel contre Greenpeace pour «association de malfaiteurs», le monde associatif belge se tient sur ses gardes. La Ligue des droits de l’Homme comme Gaïa saisissent la dangerosité du procès DHKP-C pour tous les militants. D’Attac à la Centrale générale de la FGTB, une frange croissante de la société civile belge répète qu’ «Avec un peu d’avance, Bahar c’est nous».

La gauche radicale belge, comme le démontre l’affaire Secours rouge, constitue la prochaine cible de la police. Par solidarité internationale, ses diverses composantes s’activent et se mobilisent en faveur des inculpés d’origine turque, pour tenter de les extraire de leur isolement politique.


Autour de ces forces sociales se regroupent des citoyens de tous les milieux: des humanistes touchés par l’acharnement à l’œuvre contre Musa Asoglu et ses co-inculpés, des amis de Bahar Kimyongür qui savent qu’il n’est pas un terroriste, des anciens résistants qui ont combattu le fascisme…
  Bahar
- Quelle sera l’attitude adoptée par le juge Boyen ? S’il semble s’éloigner des positions extrêmes promotionnées par le Parquet fédéral, il paraît tout de même vouloir appliquer la loi «antiterroriste» et condamner des individus comme bandits, alors que ces derniers n’ont fait qu’exprimer une pensée critique et se sont organisés pour pouvoir la propager efficacement.

Quelle sera l’issue de ce procès ? En fait, il ne dépend que de vous qu’une vigilance citoyenne s’instaure à l’égard du travail des juges. Des fossoyeurs de la démocratie belge, gracieusement rémunérés par l’Etat, font certes le forcing, depuis des années, pour atteindre leur objectif. À nous, cependant, de modifier le rapport de forces, en commençant par nous réapproprier le Palais de Justice de Bruxelles, lors de la reprise des débats dans l’affaire DHKP-C, le 14 octobre prochain.


 

 


Le Clea est un collectif citoyen visant à promouvoir un débat critique sur les nouvelles législations antiterroristes. Le cas de Bahar Kimyongür est exemplaire à cet égard. En vertu de ces nouvelles dispositions, non seulement les libertés d'expression et d'association sont mises à mal mais, en plus, l'avenir d'un homme qui n'a commis aucun délit, menacé aujourd'hui de dix ans de prison ferme, est gravement compromis.  
 
 
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  Le DHKP-C harcelé partout en Europe
   

«Ne dites pas à ma mère que je suis militant, elle croit que je suis terroriste»
par Edgar Szoc, Secrétaire général de la Ligue des droits de l'Homme [Lire]


Actualité de Huxley

«Par le moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques – élections, parlements, hautes cours de justice– demeureront mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu'ils étaient aux bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions (...) et de tous les éditoriaux mais (...) l'oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes


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